Parmi le million d'associations actuellement actives en France, 150 000 sont des associations employeurs. Nombreuses sont celles qui éprouvent des difficultés dans différents domaines (finance, trésorerie, gestion, etc.) ou qui trouveraient un intérêt fort à un rapprochement avec une ou plusieurs structures associatives.
Des difficultés de gestion
Trois éléments sont régulièrement à l'origine de ces difficultés :
- Des problèmes de financement et/ou de trésorerie : subventions non renouvelées, dotations inférieures à celles espérées, conflits avec les financeurs, baisse des recettes d'activités, inadéquation des charges par rapport aux ressources, retard dans le versement des subventions, licenciement particulièrement coûteux, etc.
- Le conseil d'administration : renouvellement difficile des administrateurs, usure et lassitude des administrateurs, focalisation sur les questions de gestion au détriment du projet associatif et de l'activité, limites de compétence des administrateurs sur une technicité toujours plus ardue de la gestion (finance, juridique, RH), fondateur/porteur souhaitant passer la main ou transmettre l'association, etc.
- Désorganisation ou inadaptation de l'association : croissance et développement de l'association sans mise en place d'une organisation adaptée, besoin de compétences ou d'expertise sur des éléments de gestion, etc.
Une densité de contraintes règlementaires
Par ailleurs, le monde associatif s'est vu opposer de nombreuses et nouvelles règlementations transversales et sectorielles :
- Contexte législatif et réglementaire plus dense : loi du 2 janvier 2002, puis décret du 16 octobre 2003 pour le secteur social et médico-social, loi du 6 juillet 2000, puis loi du 1er août 2003 pour le sport, et de façon transversale pour le secteur associatif : loi du 12 avril 2000 sur les relations avec les financeurs publics, loi du 15 mai 2001 sur les nouvelles régulations économiques, enfin sur le plan fiscal : loi de finances pour 2002, loi relative au mécénat, aux associations et aux fondations du 1er août 2003, complétées par les nombreuses instructions fiscales jusqu'à la récente instruction du 18 décembre 2006, etc. (exemples non exhaustifs)
- La loi du 9 mars 2004 a, pour sa part, accru les risques de poursuites civiles et pénales des dirigeants des associations (personnes physiques). Les condamnations de dirigeants associatifs pour faute de gestion notamment sont actuellement en nette augmentation.
Une concurrence entre les associations
Deux tendances de fond augmentent les exigences vis-à-vis des associations :
- Le dynamisme à la création du monde associatif implique une augmentation régulière du nombre d'associations. Malgré une légère progression des financements publics, l'augmentation du nombre de bénéficiaires associatifs potentiels implique une concurrence accrue pour les crédits publics et donc un danger pour les associations existantes.
- Le monde associatif se professionnalise peu à peu. En conséquence, le bénévolat qui est l'une des plus grandes richesses du monde associatif doit lui aussi relever le défi de la professionnalisation. En effet, le manque de temps et/ou le manque d'expertise de gestion peuvent entraîner des dangers pour une association. Et, devant les risques et les responsabilités induites par la fonction, les associations ont de plus en plus de difficultés à convaincre de nouveaux administrateurs. Les associations sont donc dans l'obligation de se professionnaliser, sinon elles risquent de disparaître.
Les conséquences de ces différents facteurs sont les suivantes :
- Les entrepreneurs associatifs peuvent rencontrer des difficultés à lancer de nouveaux projets ou échouer au bout de quelques mois face aux trop nombreux obstacles ;
- De nombreuses associations sont fragilisées. Leur gestion trop peu professionnelle et l'absence de solutions économiques viables rendent aléatoire leur pérennité, malgré l'intérêt de leur projet associatif ;
- A l'image des entreprises, le monde associatif doit se poser la question de la transmission des associations, du renouvellement des conseils d'administration, plus largement de la pérennisation et de la continuité des structures.