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Les ONG dans les médias... Vers une spectacularisation de l'action humanitaire ? - 31 mars 2009

mars 2009

En présence de Michel Doucin, diplomate, et de Julien Bayou, fondateur de Jeudi noir et de Génération précaire

7884530_4029972.jpgChristine Ockrent, journaliste à France Télévision, résume la teneur du couple que forment ONG et presse en ces termes: "L'action humanitaire n'existe pas sans les médias, (...) il n'y a plus d'indignation sans l'image et l'indignation fonde l'humanitaire." Pour illustrer ces propos, on puisera dans l'Histoire de France des cas fameux, au premier rang duquel le fameux "J'accuse" d'Emile Zola, proclamé dans l'Aurore, et qui accompagnait le combat des associations militant pour la réouverture du dossier du capitaine Dreyfus.

Les exemples de collaboration entre Presse et ONG ne datent donc pas d'hier. Au fil des années, les uns et les autres ont appris à s'apprivoiser, et à travailler main dans la main sur un schéma "gagnant-gagnant". Les ONG, par leur faculté à proposer des images choc, et donc à susciter une émotion immédiate dans l'opinion publique, sont passées maîtres dans l'art d'attirer les projecteurs médiatiques. Principe d'urgence, théatralisation des situations politiques, réponse émotionnelle, jeunesse et dévouement de professionnels incarnant le rêve de la civilisation occidentale, capacité à mettre en scène des personnages récurrents (l'Abbé Pierre, Augustin Legrand...), à tricoter un récit médiatique poignant... Les ONG donnent un relief inédit à l'actualité et rompent le flux parfois monotone de l'information, à la grande joie des journalistes !
 
Conscientes de l'utilité d'entretenir ces atouts, les acteurs de l'humanitaire n'ont de cesse de professionnaliser leurs relations avec la presse, et leur communication de manière générale. L'attention des médias représente pour eux un formidable outil de mobilisation de l'opinion, voire du donateur. Ils ne se privent logiquement pas d'exploiter le filon. Mais au prix de quelles concessions ? Ce balai à deux ne participe-t-il pas à une duperie généralisée ? N'induit-il pas un certain nombre de dérives nuisibles à la solidarité ? A une hiérarchisation des causes sur des critères d'audience, de spectacle, et non d'urgence (Tsunami de 2005...) ?

altermardis-2009.pngEn présence de :

Michel Doucin, diplomate, spécialiste des acteurs diplomatiques non gouvernementaux au Ministère des Affaires étrangères et auteur de l'ouvrage Les ONG: le contre-pouvoir ? (Editions Toogezer), qui a mis en évidence les ressorts ayant permis aux ONG de s'imposer en acteurs médiatiques incontournables.

Julien Bayou, fondateur des collectifs Jeudi noir et Génération précaire, nous a expliqué comment il parvient à alerter les médias sur la crise du logement et la situation des jeunes précaires, par un militantisme tantôt festif (mouvement "La France qui se lève tôt" à 6h du matin, avec des porte-voix sous les fenètres des habitants de Neuilly, grève des stagiaires masqués en 2005...) tantôt coup de poing (installation d'un faux "Ministère de la crise du logement" dans un immeuble vide, place de la Bourse à Paris), mais toujours télégénique.

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