Voyage au Burkina Faso

mars 2004
Jusqu’au 11 mars, le centre de soins spécialisés pour toxicomanes (CSST) Danielle-Casanova, à Marseille, exposait des photographies de Delphine Legendarme prises au Burkina Faso. De très beaux portraits et des scènes de vie qui rappellent au personnel du centre les missions humanitaires auxquelles ils ont participé. Surtout, ils permettent de faire découvrir aux patients un univers différent. « Le beau n’est pas pour soi, explique le Dr Mathilde Poirson, initiatrice du projet, C’est important de décorer, cela fait partie de l’accueil. » Outre l’intérêt ornemental de ces clichés – qui changent agréablement des affiches d’information sur le VIH/sida, dixit le personnel et les usagers – « les photos suscitent l’intérêt, la curiosité et le questionnement chez les patients. Elles les ouvrent sur le monde », ajoute Sabrina Badia-Marchesson. Cette exposition peut même jouer un rôle direct sur eux car « s’ouvrir à l’art fait partie de l’insertion sociale », complète Christine Touhé, infirmière.

Cette exposition a été mise en place en partenariat avec Santé sans frontière. SSF, association marseillaise, développe un réseau de solidarité de services de santé par le biais de jumelages internationaux (avec une trentaine de pays sur tous les continents). Envois de containers de médicaments (notamment de traitements contre le sida), de matériel médical et de prévention, échanges de savoirs, etc. : au Burkina Faso, SSF a par exemple permis la création d’un hôpital de jour et d’un centre de formation à Ouahigouya, en partenariat avec l’association Appui moral matériel et intellectuel aux enfants (AMMIE).

A Danielle-Casanova, l’exposition photographique s’inscrit dans un projet plus vaste. Le CSST souhaite organiser d’autres événements et peut-être faire participer les patients au sein d’ateliers de création. Ici, certains ne font que passer, d’autres s’assoient un moment, prennent un café, discutent… Cette exposition crée du lien social entre les personnes. Grâce à elle, le centre prend pleinement son sens, celui d’un lieu de vie.