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La culture banlieue dans les médias : une fabrique de clichés? - 1er Mars 2011

février 2011

Le terme de « culture banlieue » est en réalité une faute manifeste de langage puisqu'il juxtapose sans lien logique une détermination urbanistique et un ensemble de valeurs et d'activités humaines. Parler de « culture banlieue » au singulier contribue à créer une image floue et facilement manipulable qui amplifie un autre abus de langage. C'est en effet à tort que l'on prête au mot banlieue une connotation déplaisante en l'associant à la mise au ban, à l'exclusion. L'historien François Durpaire, le documentarisme Christophe Nick, la chanteuse Bams, l'écrivain Mabrouck Rachedi et le communicant engagé Erwan Ruty, ont interrogéle concept même de "culture banlieue", et son exploitation par le prisme médiatique. De la valorisation à la stigmatisation, il n'y a qu'un pas...

Objet d'une focalisation de plus en plus assourdissante, la banlieue est ses cités sont des viviers intarrissables pour la presse à sensations. On glisse facilement de la misère à la violence... C'est en tout cas le message véhiculé par certains gros titres: « Les cités de l'indicible peur » (L'Express), « Banlieues, le noyau dur de la violence » (Le Monde.fr). Ce discours matérialise, localise et ghetoïse l'insécurité. Cette insécurité habillement personifiée par le phénomène des bandes qui sont visibles au quotidien, dans les transports, par exemple, mais aussi dans des épisodes plus spectaculaires, comme lors des émeutes de 2005. Elles agitent la figure du danger social, des nouvelles " classes dangereuses ".

 

altermardi3.jpgComment redonner à ceux qui n'y vivent pas une perception humaine de la banlieue comme espace de vie ? Celle d'un espace riche d'une culture au sens anthropologique du terme avec ses artistes, son langage, ses pratiques, son économie ? La notion relativement nouvelle de "diversité" tend à donner une dimension plus positive et moins stéréotypée. Elle renvoi de manière détournée à l'idée de "discrimination positive", phénomène inverse à celui précédemment évoqué, mais qui pose lui aussi questions. La starification de certaines personnalités politiques, comme Fabela Amara ou Rachida Dati, manifeste la simplification médiatique de la sociologie urbaine, comme s'il n'y avait que deux mondes « entre les murs »...

Le sport-le rap, le rap-le sport et, au milieu, quelques success stories... Dans un sens comme dans l'autre, la  banlieue peine à s'extraire des incontournables clichés... Quelle part de responsabilité attribuer aux médias dans cette construction de l'imaginaire collectif ? Nous montre-t-on la banlieue telle qu'elle est ? N'y a-t-il que le cliché pour faire de l'audimat ? Comment les quartiers développent leurs propres médias pour rétablir la vérité ? Et les politiques, comment, dans leur communication, manipulent-ils la banlieue et son vivier d'électeurs ?

Retrouvez le compte-rendu écrit de cet Alter Mardi, rédigé par Aude Serra.

 

 

 

 

Retrouvez les réactions en exclusivité de Christophe Nick, journaliste et réalisateur de la série documentaire remarquée "Chroniques de la violence ordinaire" sur la cité de Creil, dans l'Oise.

Retrouvez les réactions en exclusivité de Mabrouck Rachedi, écrivain, co-auteur en 2010 de "La petite Malika" aux éditions Lattès.

 

Rencontre organisée par le Groupe SOS et Ashoka, en présence de :  

  • François Durpaire, historien spécialiste de la diversité et fondateur du Mouvement pluricitoyen
  • Christophe Nick, journaliste et réalisateur de la série documentaire remarquée "Chroniques de la violence ordinaire" sur la cité de Creil, dans l'Oise
  • Bams, artiste, chanteuse Hip-hop
  • Erwan Ruty, fondateur de Ressources Urbaines
  • Mabrouck Rachedi, écrivain, co-auteur en 2010 de "La petite Malika" aux éditions Lattès

 

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