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Débat "Grandes entreprises + entrepreneurs sociaux : quelle offre pour les clients pauvres ?" -15/11

novembre 2011

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Peut-on envisager des partenariats «hybrides» à la croisée du social et du business, apportant des réponses innovantes aux problématiques de pauvreté et d'exclusion au Nord ? La dernière étude de l'INSEE montre que la proportion de personnes vivant sous le seuil de pauvreté (avec moins de 954 Euros par mois) ne cesse d'augmenter pour atteindre 13.5% de la population française, alimentant ainsi les problématiques d'exclusion, d'inégalités, de baisse de pouvoir d'achat, etc. En phase avec ces mutations, de nouveaux types d'entrepreneurs, les entrepreneurs «sociaux», expérimentent des solutions et des business models inédits. Leur objectif : apporter des réponses à ces besoins sociaux croissants, auxquels seules des approches nouvelles permettent de répondre. Ils jouent un rôle d'éclaireurs pour les entreprises «classiques», qui s'interrogent sur leur capacité à s'adresser aux clients les plus pauvres via des stratégies novatrices : les stratégies «Base of the Pyramid» (BoP).

 

8-0b9d.jpgQuels sont alors les intérêts communs entre entrepreneurs sociaux et grandes entreprises ? D'une part les grandes entreprises sont dotées d'une force de frappe considérable : présence géographique internationale, capacité de Recherche & Développement, maîtrise des procédés de fabrication et ressources financières importantes. D'autre part, les entrepreneurs sociaux développent des solutions à faible coût, ont des réseaux très développés au niveau local et une compréhension profonde des clients et communautés auxquels ils s'adressent. Malgré cela, la rencontre entre ces deux univers complémentaires est-elle si évidente ? Quelles sont les raisons profondes de l'engagement de l'entreprise dans cette voie : réelle démarche de responsabilité sociétale, enjeu stratégique ou simple social washing ? Ces acteurs sont-ils capables de trouver un équilibre entre les identités sociale et économique nécessaires à la mise en place d'un projet BoP ?

 

 

On connaissait le courant de pensée BoP appliqué aux pays du Sud, on ignore bien souvent que l'idée révolutionnaire de Coimbatore Krishnarao Prahalad aurait également tout intérêt à s'appliquer aux pays «riches». Pourtant les précarités ne cessent de gagner du terrain au Nord. Une situation urgente que tous les acteurs de la société doivent renverser. Comment ? En commençant par s'adresser à ces personnes exclues comme à de vrais clients, avec des besoins et un potentiel de ressources mal exploité, comme le montre le phénomène de double pénalité de la pauvreté.

Pourtant, au Sud, les idées de l'économiste ont rencontré de sérieuses résistances. Des critiques ont notamment émergé sur les dangers d'une approche centrée sur la consommation des populations et non sur l'augmentation de leurs revenus, mais aussi sur les dérives possibles telles que la création de besoins artificiels. Ces risques sont-ils les mêmes dans les pays du Nord ? Quelle différence alors entre le BoP et les offres low-cost, si les deux répondent à des enjeux économiques auxquels font face les plus défavorisés ?

L'enjeu du BoP est complexe, puisqu'il tente de s'affirmer sur une double identité sociale et économique. Il s'agit, au travers de phases d'observation et de dialogue approfondis avec les populations concernées, de construire ensemble une offre de produits et services répondant aux besoins et attentes desdites populations, dans une logique d'intérêts communs. Un jeu d'équilibre délicat, qui consiste à constamment arbitrer entre utilité sociale et performance économique. Cette problématique est partie intégrante des grands défis stratégiques de l'entreprise de demain.

Les challenges sont de taille mais, à l'heure où l'innovation sociale apparaît de plus en plus comme l'élément déterminant des stratégies de demain, la piste des collaborations entre les deux acteurs clés de ces innovations que sont les entrepreneurs sociaux et les grandes entreprises mérite d'être défrichée et empruntée par tous !

 

Retrouvez les réactions en exclusivité de Laure Vinçotte, Déléguée Responsabilité Sociétale, GDF-Suez :

 

En présence de :

  • Jean-Yves Godard, Directeur des Relations Extérieures, LaSer Cofinoga.
  • Laure Vinçotte, Déléguée Responsabilité Sociétale, GDF-Suez

Olivia Verger-Lisicki, Responsable du programme BoP à l'IMS-Entreprendre pour la Cité, animera cette rencontre.

 

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