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Débat : " Justice et médias : de Zola à DSK " - 89ème AMPS

janvier 2012

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Les rapports complexes entre médias et justice se sont invités à la table-ronde de ce 89ème AMPS. Cinq invités de marque sont venus débattre avec vous de l'évolution du rôle et de l'influence des médias dans les affaires judiciaires.

 

 

 

dsc_0258.jpgLa saga Villemin, les deux procès du sang contaminé, l'affaire OM-VA, le dossier Péchiney, les procès Noir, Botton, Carignon, Outreau, ou, plus récemment, le scandale DSK... Autant d'affaires, autant de feuilletons qui ont passionné les Français, avec leurs personnages clefs, leur lot d'images chocs et de rebondissements. La justice est entrée dans l'ère de la com'... Au détriment de la vérité ? Peu de journalistes spécialisés s'en cachent, la couverture journalistique d'un procès n'est jamais neutre. La périodisation plus immédiate dans l'analyse des rapports entre le temps médiatique et le temps judiciaire ne le permet pas. Orienté ou non, le travail du journaliste influe nécessairement sur les débats, ne serait-ce que par sa propension au spectaculaire. La chronique judiciaire excelle dans la caricature, et les qualificatifs à l'emporte-pièce des gros titres font régulièrement fi de la présomption d'innocence. Des affaires comme celle d'Outreau ont démontré que les médias, loin de se constituer en contre-pouvoir, sont prêts à abandonner toute objectivité lorsque l'histoire qu'on leur présente fait vendre du papier. Il est loin le temps où Zola se servait de l'Aurore pour défendre le droit à la liberté d'un homme, et renversait l'opinion...

Nos invités du soir se sont penchés précisément sur les mécanismes de fabrication de l'information judiciaire (construction de la figure de la victime, médiatisation des discours sécuritaires...) pour déceler la part de vérité dans le jeu du storyteller.
De nos jours, les acteurs du cirque judiciaire ont tous en tête le rôle de la presse, particulièrement dans les grandes affaires politico-financières... Entre les prévenus qui s'attachent à séduire les médias (Mesrine, Tapie), ceux qui pratiquent l'intimidation et la violence (Action directe)... Ils sont nombreux à penser qu'un procès peut se gagner dans la presse, voire que la préservation d'une image est plus importante que la condamnation elle-même.
Le rapport entre justice et médias ne se fait pas nécessairement au détriment des faits. La justice est depuis longtemps entrée dans l'âge démocratique, et doit aujourd'hui répondre de ses actes aux yeux de tous. Or les médias - quoi qu'on en dise - continuent de revendiquer le rôle de 4ème pouvoir : enquêtant, démantelant, martelant, n'hésitant pas à dénoncer haut et fort les abus quand ils existent, ou, à l'inverse, les atteintes à la liberté des magistrats. Tout comme la justice est garante de la liberté de la presse, la presse est peut être la meilleure défenseure de la liberté de la justice...

Justice et médias : rapports complexes qui soulève bon nombre d'interrogations.
Faut-il une instance de régulation capable d'encadrer et d'améliorer les relations entre juges et journalistes ? Comment stimuler l'intelligence des publics pour la chose judiciaire ? Filmer et diffuser les audiences des procès est-il souhaitable en France ? Une "Court TV" (chaine sensationnelle américaine consacrée à la justice) à la française est-elle possible ? Peut-on critiquer les juges ? Comment le politique s'immisce-t-il dans les rapports entre Justice et médias ? Autant de questions qui nous ont amené à évoquer les rapports entre médias et prisons : le personnage du prisonnier, la dénonciation des conditions carcérales et du manque de moyens, le traitement de la détention préventive, la réhabilitation et la réinsertion...

Entre quête du spectaculaire et pourfendeur d'une justice qu'elle voudrait impartiale, la chronique judiciaire se fait schizophrène. La vérité, rien que la vérité ? Tant qu'elle fait un bon papier ?

En présence de :

  • Pascal Vion, Ancien chef de cabinet à l'administration pénitentiaire, Ancien directeur de la maison d'arrêt de Rennes, Directeur du centre pénitentiaire sud-francilien à Réau
  • Aude Rossigneux, Journaliste politique indépendante à iTV, France Télévisions, France Soir
  • Philippe Zoummeroff, Ancien chef d'entreprise, spécialiste de la condition carcérale en France, ancien membre de la Commission Albran chargée de faire des propositions au Président de la République en matière de prévention des suicides en prison

La rencontre fut animée par Alain Grumberg, journaliste, co-fondateur de l'Agence Futuring Press

 

 

 

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