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Zoom sur... Le service civique

octobre 2012

A Paris, Saint-Denis, Tunis ou Mayotte, ils sont une cinquantaine au sein du Groupe SOS. Ni stagiaire, ni salarié, ni bénévole, ils effectuent une mission d'intérêt général rémunérée. Leur statut fait référence à un réel engagement solidaire et citoyen, qui tient en deux mots et gagne à être connu : service civique.

Mis en place en 2010, à l'initiative de Martin Hirsch, alors Haut commissaire à la jeunesse, le contrat de service civique est ouvert à tous les jeunes de 16 à 25 ans, diplômés ou non, français ou ressortissants étrangers. Il vise à développer l'engagement citoyen dans le cadre d'un accompagnement par les organismes d'accueil appropriés : associations, collectivités territoriales... De nombreuses missions, d'une durée de six à douze mois, sont proposées dans des domaines variés : santé, éducation, culture, environnement, solidarité internationale... Avec près de 45 000 candidatures déposées depuis 2010, le service civique semble avoir séduit une génération pourtant souvent décrite comme étant en mal d'engagement.

 

Les missions menées au sein du Groupe SOS

Aux Lits haltes soins santé (LHSS), les résidents sont des personnes en situation de grande exclusion. Une phase d'observation préalable est nécessaire aux jeunes volontaires du service civique afin de pouvoir s'investir sereinement dans leur mission. Par la suite, ils participent aux animations collectives (sorties cinéma, jeux de société...) et à l'accompagnement des usagers dans leurs démarches administratives. Leur travail a également permis la réalisation d'un livret d'accueil et d'un questionnaire de satisfaction destiné aux usagers.

Service civique

Au sein du dispositif Reconnect, qui met les nouvelles technologies au service de la lutte contre l'exclusion, les deux volontaires engagés participent au développement du service de "coffre-fort numérique". Ce dernier, destiné aux personnes sans-abri, permet de conserver (numériquement) des documents, facilitant ainsi leurs démarches administratives. En Lorraine, au sein de la maison de retraite Le Hêtre pourpre, les volontaires animent notamment un atelier informatique. « De manière générale, les échanges intergénérationnels sont fructueux, témoigne Denise, responsable de l'établissement. Les jeunes leur apprennent à effectuer des recherches sur Internet mais également à échanger avec leur famille par e-mail et webcam. Leur dynamisme est profitable aux personnes âgées, tout comme à l'équipe de travail. »

A Mayotte, trois jeunes ont été accueillis en juillet dernier au sein de l'association de protection de l'enfance Tama. Ils ont pour principales missions d'assurer le lien entre l'association mahoraise et le Groupe SOS et d'effectuer un travail de veille sur les opportunités de développement. En charge de la communication, Marion travaille à la mise à jour du contenu du site Internet. Elle participe également à la recherche et la mise en place de nouveaux partenariats.

 

 

BAC Service civique

Echanges franco-tunisiens

Développement sans frontières (DSF), membre du Groupe SOS depuis 2010, est une association qui coordonne l'envoi de volontaires internationaux au sein d'un large réseau d'organismes non gouvernementaux (ONG) intervenant en Afrique, Asie et Amérique latine. En octobre 2011, DSF a ouvert ses premières missions de service civique à l'international.

Conscient de la situation de transition historique en Tunisie, le Groupe SOS a souhaité s'engager auprès de la société civile tunisienne, et contribuer à renforcer son secteur associatif. Première disposition concrète : quinze jeunes français se sont investis dans des organisations tunisiennes.

A Tunis, six volontaires travaillent au sein du Bureau association conseil (Bac), organisme ouvert en décembre 2011 et qui accompagne les associations : collecte de fonds, démarches juridiques, communication, projets innovants... Les volontaires ont également pour mission d'identifier les différents acteurs de la société civile dans une perspective de cartographie et de mise en réseau.

 

 

BAC Tunisie

« Mon rôle est de répondre à toutes les questions relatives à la vie d'une association : comment monter un dossier de financement ou comment favoriser les synergies entre structures », explique Amélie. « Je réalise des documents pour des associations oeuvrant dans le social, la culture, l'environnement, indique Paul. Je participe à de nombreux échanges sur la meilleure stratégie de communication à adopter. C'est une expérience formatrice et enrichissante ! »

Composée de jeunes aux profils variés, cette équipe dynamique permet au Bac de se développer rapidement en profitant au mieux de ce partage de savoir-faire. Quinze jeunes tunisiens ont également été accueillis en France dans plusieurs établissements du Groupe SOS : dispositifs de protection de la jeunesse, centres d'hébergement, hôpitaux...

 

 

 

Service civique

Arrivée au mois de juillet, Sandra effectue sa mission au sein d'une plateforme "Bougez vers l'emploi" de Voiture & co qui développe des services de mobilité à destination de personnes en insertion sociale et professionnelle. Elle est mobilisée plus particulièrement sur un dispositif destiné à faciliter la mobilité des personnes vivant à Nanterre et travaillant dans Paris. Imen a 19 ans. C'est au LHSS Maubeuge qu'elle effectue sa mission d'animatrice. Cet été, les résidents ont pu profiter des sorties de découverte proposées par la volontaire : bateau-mouche, Tour Eiffel, Paris plage, etc. « J'ai aussi organisé un concert à l'hôpital Jean Jaurès », explique la jeune fille. Egalement arrivée de Tunisie cet été, c'est près d'Orly, au village d'insertion pour familles d'origine rom, que Sourour, 19 ans, effectue sa mission de volontariat. « J'aimerais que chaque famille puisse disposer d'un petit potager individuel », confie t-elle. Auprès des résidents, elle travaille à la sensibilisation au développement durable, notamment à travers le recyclage des déchets et les économies d'énergie.

 

En vidéo : Nelly, 23 ans, est diplômée ingénieur qualité, Marie, 21 ans, est en licence de projet socio-culturel, et Obaida, venue de Tunisie, est étudiante en anglais. Les trois jeunes filles effectuent un service civique à l'hôpital Jean Jaures, elles ont été suivies par les caméras de France 5 pendant une journée.

 

Premiers secours

Formation Premiers secours Service civiqueL'Agence du service civique propose de s'initier aux gestes de premiers secours. Au Groupe SOS, les volontaires effectuant leur mission en Ile-de-France on reçu, à la Maison des associations de Montreuil, une formation d'un jour et demi délivrée par un sapeur-pompier. Après les nécessaires connaissances théoriques, place à la pratique : comment distinguer une obstruction totale, d'une obstruction partielle ? Quels sont les gestes qui sauvent face à une situation de traumatisme crânien, de brûlure grave ? Comment utiliser un défibrillateur ?

A l'issue de la formation, le certificat Premiers secours civique niveau 1 (PSC1) est délivré. Il atteste de l'acquisition des compétences nécessaires à l'exécution d'une action citoyenne d'assistance à personne par la réalisation des gestes élémentaires de secours.

 

 

Un contrat d'avenir

Service civique

Tout au long de leur service civique, les volontaires sont accompagnés par un tuteur, salarié de l'association. Début 2011, tuteurs et volontaires se sont réunis pour participer à une journée de formation. Celle-ci a permis aux premiers de mieux définir leur rôle de suivi, et aux seconds de mieux découvrir le Groupe SOS. A mi-parcours, une deuxième journée de formation, axée sur l'orientation professionnelle, est également proposée. Au programme : rédaction d'une lettre de motivation, conception d'un CV et soutien dans la définition du projet professionnel. Par ailleurs, certains volontaires ont pu participer à des formations spécifiques portant, par exemple, sur l'action sociale et médico-sociale. « Effectuer une activité au service de l'intérêt général, qui donne du sens, tout en développant des compétences utiles : le service civique répond pleinement aux aspirations de notre génération », déclare Julien, en fin de contrat, avec le recul de la "mission accomplie". Engagement solidaire pour certains, le service civique constitue un réel tremplin professionnel pour d'autres : sur les 22 000 volontaires engagés en 2012, près de 8 000 ont signé un contrat de travail avec leur organisme d'accueil.

Par ailleurs, en 2012, l'Agence du service civique a créé un programme de valorisation des jeunes en fin de mission de service civique. 150 lauréats ont ainsi été sélectionnés au regard de leurs motivations et qualités personnelles par un jury de professionnels de l'Institut du service civique. Soutenu par un parrain, chacun se voit faciliter l'accès à une formation, un emploi, ou accompagné dans le développement d'un projet.

Tout comme la jeunesse engagée, le service civique semble promis à un bel avenir.