ALTERMUNDI, commerce et entrepreneuriat responsable

mai 2013

Altermundi, entreprise d'insertion créée par le GROUPE SOS, fête en 2013 sa dixième année de distribution de produits issus du commerce responsable. 

altermundi_cirque_dhiver_8.jpgAltermundi, ce sont des produits issus du commerce équitable classique (solidarité Nord/Sud), mais aussi d'une production locale favorisant l'insertion professionnelle, la production bio et le recyclage de matières premières. Dans les cinq magasins de Paris et Lille, ou sur la boutique en ligne, l'offre s'articule autour de 5 univers : déco & arts de la table, mobilier, mode adulte, mode enfant et bien-être. Cependant, ne vous attendez pas à y trouver des ponchos en poils de Yak et des bonnets péruviens ! Les produits sont beaux, modernes, et bien éloignés du cliché de l'acte de charité...

Plaisirs éthiques

Pour garantir l'engagement éthique, l'accent est mis sur la traçabilité. Altermundi est membre de la Plateforme française de commerce équitable (PFCE) qui a audité et validé sa démarche pour le choix des fournisseurs. Importateurs et grossistes sont ainsi sélectionnés avec rigueur, et les labels (WFTO, World fair trade organisation, bio, ecocert...) bien qu'évidemment importants, ne sont pas l'unique critère. Cet engagement se poursuit dans l'embauche de salariés en insertion en France, recrutés pour travailler en boutique [voir témoignage de Katarzyna], ainsi que dans l'éco-conception des lieux de vente (éclairage fluo-compacte, présentoirs en médite, sols en marmoléum, peinture écolo et packaging léger certifié PEFC ou FSC...), récompensée en 2010 par un Janus du Commerce (de l'Institut français du design) et un R Award, du Club génération responsable.

Cette volonté de proposer aux consommateurs de bons produits dans de beaux lieux avec un accueil qualitatif est le fruit d'un travail sainement encadré. Et fortement apprécié : la base clients a doublé en 2012. « Altermundi correspond à mon optique, à mon mode de vie », explique une cliente, Marie Aviges. Elle a découvert une des boutiques par hasard, et, séduite par les bijoux et accessoires est devenue une fidèle, pour elle-même et pour offrir. « J'étais d'abord attirée par les produits, originaux, par leur qualité et le fait que certains soient fabriqués à partir de matières recyclées. Mais la démarche globale est importante aussi ».

Fournisseurs RESPONSABLES

caroline_a_typik.jpgA-typik fournit Altermundi depuis plus d'un an. « Le réseau présente de belles marques, l'entreprise est jeune, dynamique, les boutiques sont joliment présentées ». Cela plaît à Caroline Saubestre, styliste de la marque depuis près de 5 ans, pour laquelle « il faut dépasser l'image vieillotte accolée au commerce équitable ».  Elle dessine deux collections par an, en collaboration avec des artisans du Nord de la Colombie : bijoux en Tagua (ivoire végétal), plastrons en crin de cheval, colliers de perles fabriqués en Amazonie ou encore les sacs de coton tissé Mochila. Ses trois à quatre séjours annuels en Colombie lui permettent, en suivant la production, de s'assurer également des conditions de travail des employés (aération adéquate, choix des produits sans métaux lourds, salaires, âge des travailleurs). « Je ne peux pas vendre des produits fabriqués dans de mauvaises conditions. Il faut aimer ce qu'on fait, et moi, j'aime les autres ! »

karawan.pngChristine Delpal et Marc Carbonare ont fondé Karawan en 2004. Elle était ethnologue et photographe, lui photographe et employé dans des ONG de développement. Insatisfaits d'être le plus souvent en position d'observateurs, ils se sont embarqués dans la création d'entreprise pour préserver des savoir-faire menacés par l'industrialisation, qui « font partie de la richesse du monde, de la diversité culturelle, défend Christine. Derrière les objets, produits de savoir-faire, il y a des traditions : il fallait en rendre compte. Et la meilleure façon de faire connaître ces cultures était de créer, d'associer leurs savoir-faire et traditions à une création contemporaine. »

Karawan travaille en relation directe avec une vingtaine d'unités de production, et environ 200 personnes au total, des femmes brodeuses en Cappadoce en Turquie, fabricants de savons et de coussins en corde d'orties en Inde, ou encore ateliers du Népal et du Viet Nam. L'entreprise propose des produits bain et de bien-être, des étoles, bijoux, sacs et pochettes, et enfin des petits objets de déco (tabourets, coussins). Le tout en matières naturelles (lin, soie, ortie, coton) et/ou recyclées.  L'entreprise compte neuf salariés et un seul sous-traitant, une entreprise d'insertion à Veaux-en-Velin pour les livraisons.

Si les produits sont bio, le projet est avant tout social, attentif à l'artisanat, avec l'objectif de contribuer au développement d'économies locales. « On met l'accent sur des savoir-faire particuliers. Le potentiel d'une matière première, afin que le produit fini soit cohérent et vendable. Notre démarche est éthique, mais l'enjeu est d'être efficace économiquement, et de créer des emplois pérennes. »

Altermundi invente au quotidien une manière de consommer et d'entreprendre plus responsable.

 

Témoignage : Katarzyna, 49 ans, salariée en insertion.

« Je suis arrivée en tant que vendeuse chez Altermundi fin 2011. J'habitais dans un foyer. L'éducateur qui m'aidait avec toutes mes démarches, y compris la recherche d'un emploi, m'a parlé de ce poste. Jusque-là j'avais alterné des petits contrats, chez un fleuriste notamment, avec des périodes de chômage. En Pologne j'étais décoratrice dans un magasin, et architecte d'intérieur, mais je suis arrivée en France sans parler la langue, c'était impossible de trouver du travail comme ça. J'ai appris petit à petit, mais je complexe avec le français. Dans la boutique, je dois accueillir les clients, donner des conseils. La confiance se construit au fur et à mesure, en partie à leur contact. J'ai de la chance d'être ici. Je suis artiste peintre, et chez Altermundi je vends des objets fabriqués à la main, par des artisans, des objets que j'aime bien. Et, avec la possibilité de participer à la décoration du magasin, je peux me réaliser un petit peu artistiquement ! Mon contrat prendra fin en septembre [les contrats d'insertion durent 24 mois maximum]. J'ai beaucoup appris depuis que je suis ici, sur le fonctionnement d'un magasin, la gestion de la caisse. L'avantage du contrat d'insertion est qu'on a le temps d'apprendre le métier. Avec ce contrat de deux ans, on peut aussi être plus tranquille qu'avec les petits CDD. Ça donne suffisamment de sécurité pour s'occuper du reste, des questions personnelles à régler. J'espère trouver du travail plus facilement après une période longue en boutique. Je suis en tout cas plus optimiste aujourd'hui, que pendant la période plus difficile d'avant. »