Zoom sur un service de soins infirmiers à domicile

août 2013

Le service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) du GROUPE SOS SANTE a ouvert en 2005. Il a pour objectif le maintien à domicile de personnes âgées dépendantes ou de personnes en situation de handicap afin d'éviter la détérioration de leur état de santé et de prévenir une hospitalisation souvent fragilisante. L’intervention du SSIAD se fait sur prescription médicale du médecin traitant (dans le cadre d’une prise en charge au domicile) ou d’un médecin hospitalier (dans le cadre d’une sortie d’hospitalisation). Sept infirmières et vingt-trois aides-soignantes assurent quotidiennement des soins infirmiers (préparations des traitements, injections, pansements…) et de nursing (aide à la toilette, aide à la mobilisation...). Nous avons suivi l’une d’entre elles durant sa tournée matinale.

Zoom sur le SSIADIl est 8h. Hélène, infirmière au SSIAD depuis 1 an et demi, démarre sa tournée matinale. Jusqu'à midi, elle va sillonner le sud du 19ème arrondissement sur son vélo, avec, dans son sac à dos, une partie du matériel nécessaire aux soins qu'elle dispense. Première patiente : Monique, qui bénéficie des services du SSIAD depuis 2010. La durée moyenne de prise en charge est de 280 jours.

A chaque visite, Hélène lui donne ses médicaments, contrôle son pouls et sa tension, et prend de ses nouvelles. Monique est très isolée. Elle attend les visites d’Hélène et des autres infirmières du SSIAD avec impatience. Elle se rappelle, avec plaisir, qu'à Noël dernier, on lui a apporté des cadeaux offerts par l'association Petits frères des pauvres : « un stylo, un calendrier… et du foie gras ! ». Juste avant de partir, Hélène lui glisse un dernier petit mot : « Il fait chaud aujourd’hui, n’oubliez pas de boire beaucoup d'eau ».

Zoom sur le SSIADAprès avoir délivré ce conseil avisé, Hélène grimpe sur son vélo. En quelques coups de pédale, elle se retrouve devant le domicile d’Annette. Avant de nous ouvrir la porte, elle nous met en garde plusieurs fois : « Faites attention, il ne faut pas que le chat s'échappe ! ». Nous rentrons donc, mais refermons rapidement la porte derrière nous. Hélène connait les habitudes d’Annette et son attachement à son chat.

Elle s'intéresse à tous ses patients, connaît leurs ennuis quotidiens, et respecte leurs craintes, sans jugement. L’infirmière s’empare d’un petit coffre gris, fermé à l’aide d’un code et contenant les médicaments que doit prendre Annette. « Nous laissons un coffre comme celui-ci chez chaque personne atteinte de troubles cognitifs, explique-t-elle. Cela les empêche de prendre, seules, de trop fortes doses. » Installée sur le bord du lit à côté d’Annette, Hélène exécute ses gestes infirmiers tout en l’interrogeant sur son moral et son humeur. Toujours avec le sourire.

Le contact humain                                                   

A quelques mètres de là, vit Georges. Connaissant des problèmes pour se déplacer, il a investi dans un petit "scooter", mais son immeuble refuse d'installer les rampes nécessaires pour qu'il puisse entrer et sortir facilement. Georges est de nature réservée. Il a tout préparé pour qu'Hélène puisse dispenser ses soins. Tous les deux s'installent et Hélène commence à changer ses pansements.  Alors qu'elle a les deux mains occupées à dérouler la bande, George, dans un silence complice, prend le scotch adhésif et en coupe les morceaux au fur et à mesure. « Un vrai travail d'équipe ! » s’exclame Hélène.

9h45 : arrivée chez Angèle, 4ème patiente de la matinée. Les négociations commencent Zoom sur le SSIADpour qu’elle accepte de prendre son traitement. Hélène doit la mettre en confiance, la persuader que ce sont bien ses médicaments, que personne ne lui veut de mal. Elle y parvient peu à peu tout en s'intéressant à la recette mijotée pour ses enfants qui lui rendent visite le soir même. Elle en a sept et est très entourée.

Toutes les personnes prises en charge par le SSIAD n'ont pas cette chance : beaucoup se sentent seules et isolées. Le contact humain est alors tout aussi important que les soins. « Nous ne sommes pas dans l'urgence, précise Hélène, si un patient a besoin de plus de temps que prévu, nous le lui accordons ».

La cinquième personne chez qui nous nous rendons est atteinte d’une pathologie plus lourde. Paralysé des jambes, Achour ne peut plus marcher et connait de graves problèmes aux pieds. Sa situation semblait s'améliorer depuis quelques jours, mais aujourd'hui son état semble s'être dégradé. Malgré cela, la conversation reste légère et quelques blagues sont échangées. Achour complimente Hélène sur son travail. Ses gestes sont précis et méticuleux. Une aide-soignante arrive pour prendre le relais et assister Achour dans sa toilette quotidienne.

Zoom sur le SSIADComplémentarité et communication

La dernière personne chez qui Hélène se rend est un homme âgé et souffre d’une pathologie grave. L’infirmière et l’aide soignante interviennent ensemble pour lui prodiguer des soins. Cela arrive souvent. Atteint de troubles cognitifs, Abraham supporte difficilement l’intervention des deux jeunes femmes. A force de patience et de douceur, elles parviennent tout de même à assurer l’ensemble des soins. Leur travail se fait alors en parfaite complémentarité.

La communication est très importante pour le personnel du SSIAD. Dans les bureaux du SSIAD, des réunions ont  lieu tous les après-midis. Infirmières, aides-soignantes, coordinatrices et chef de service échangent sur les différentes personnes suivies. L’objectif est d’améliorer constamment l’offre de soins proposés et de prévenir tous les problèmes qui pourraient survenir. Dans le cas d’Abraham, ces échanges sont primordiaux.

Aucun patient ne se ressemble, et si pour certains la visite du personnel du SSIAD est très attendue, pour d’autres, il reste difficile de laisser pénétrer chez eux une personne étrangère et d’accepter leur état de dépendance. Mais tout est mis en œuvre pour que la personne, son individualité et le respect de son identité soient le centre de préoccupation de tous les salariés du service. A cela Hélène ajoute un large sourire, en toutes circonstances.

 

 

248 personnes prises en charge en 2012.
2 nouveaux patients par semaine tout au long de l'année.