Zoom sur... le Foyer de vie Camille Claudel

février 2014

Ouvert au printemps 2011, le Foyer de vie Camille Claudel accueille des adultes souffrant de troubles graves de la personnalité : schizophrénie, dépression chronique, anorexie... La plupart sortent d’un séjour en hôpital psychiatrique et tous ont besoin d’un temps de transition avant d’envisager de vivre seuls. Situé à Paris, dans le 20ème arrondissement, le Foyer propose à ses 29 résidents un hébergement en chambre individuelle meublée, ou en appartement.

Orientés vers le foyer de vie par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH), les résidents visitent d’abord le lieu, partagent quelques repas sur place et rencontrent les équipes avant de s’installer. Très concernée par le bien-être des résidents, Marie-Anne, chef de service, insiste sur l’importance de cette "période d’essai" « indispensable pour permettre à chaque nouveau résident potentiel, comme à  l’équipe, de s’assurer que l’accompagnement sera adapté aux besoins de ce dernier ».

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Des activités sont proposées tous les jours, pour tous les goûts. Yves, qui vit en appartement, a choisi l’atelier cuisine. Il y apprend des recettes faciles qu’il pourra refaire chez lui. D’autres apprennent la technique de la peinture à la bombe et réalisent des œuvres éphémères qui égayent les murs du foyer. Eva habite au foyer depuis près d’un an, elle est adepte des cours de salsa. Ils lui permettent de s’évader, loin des problèmes de santé : « j’adore danser, je me sens légère, j’oublie tout ». 

Les éducateurs et aides médico psychologiques respectent les capacités de chacun pour ces rendez-vous qui rythment les journées tout en étant des outils efficaces de re-sociabilisation. Ils favorisent en effet la capacité d’attention des résidents et les sensibilisent à leur environnement. Ils s’habituent à passer du temps en groupe et peuvent s’investir dans des projets communs. Pour Marie-Anne, l’apprentissage de l’échange et du respect de l’autre est primordial. D’ailleurs, lorsqu’un résident arrive « il ne passe pas plus de 5 minutes et ne parle à personne. Au bout de quelque temps, il apprend à profiter de ce moment et peut rester plus d’une demi-heure ».

Foyer de vie Camille ClaudelL’accompagnement vers l’autonomie

Les résidents évoluent à Camille Claudel dans un cadre protecteur. Ils sont accompagnés au quotidien vers l’autonomie physique et psychique par l’équipe. Pierre, aide médico-psychologique, décrit la limite délicate entre le soutien et l’assistance : « Il faut aider les résidents à se réapproprier les gestes du quotidien sans faire à leur place ».Au même titre que les 9 autres aides médico-psychologique et les trois éducateurs spécialisés, Pierre accompagne, conseille et oriente les résidents sans jamais rien leur imposer.

Pour favoriser un climat de confiance, chaque personne a deux référents, un aide médico psychologique et un éducateur avec lesquels elle a des entretiens individuels réguliers. Une infirmière coordonne les rendez-vous et visites médicales de chacun, mais ne dispense aucun soin.

Le Foyer Camille Claudel est avant tout un lieu de reconstruction. Eva considère son expérience comme une véritable renaissance. « Je revis, confie-t-elle en faisant visiter son appartement.Quand je suis arrivée, je n’avais rien. Le foyer m’a donné des meubles et je fais ma propre déco. En ce moment, je retape une commode avec un éducateur. Je me sens bien ici, je me sens chez moi. » Comme d’autres résidents, Eva retrouve ses marques au fil du temps et pourrait envisager à terme de prendre son propre appartements un hébergement en chambre individuelle meublée, ou en appartement.