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La protection de la jeunesse en questions

décembre 2014

Le GROUPE SOS intervient auprès de plus de 10 000 enfants et adolescents par an. Il propose des actions adaptées aux problématiques de chacun, et veille, dans la mesure du possible, à préserver les liens familiaux.

Protection de la jeunesse GROUPE SOSLa parole à Maxime Zennou, Directeur général GROUPE SOS Jeunesse
 

Peut-on apporter des réponses adaptées à la problématique de chaque enfant ?

"Si le placement en famille d’accueil ou en établissement est parfois nécessaire, il ne doit pas être pour autant systématique. C’est pourquoi le GROUPE SOS a diversifié ses dispositifs pour développer des solutions alternatives. Les services d’action en milieu ouvert et les services d’accueil de jour éducatif permettent d’accompagner des enfants sans pour autant les séparer de  leur famille. Dès que cela est possible, nous veillons à préserver les liens familiaux."

Comment accompagner les mineurs isolés étrangers ?

"Avec plus de 8000 mineurs isolés étrangers sur le territoire, cette question est fondamentale. Le GROUPE SOS accueille des mineurs isolés étrangers pour leur donner un accès aux droits primaires et à l’éducation et les accompagner dans les démarches administratives nécessaires à la régularisation de leur situation. Pour nous, un mineur isolé étranger est avant tout mineur, avant d’être étranger. Les dispositions prises à son égard ne doivent aucunement relever du cadre de la gestion des flux migratoires mais bien de celui de la protection de l’enfance."

Comment peut-on envisager sereinement la sortie des dispositifs pour les jeunes majeurs ?

"Les jeunes, en général, rencontrent déjà des difficultés d’insertion, il ne peut en être que de même pour des jeunes ayant eu des parcours plus difficiles, des carences familiales ou éducatives. Pour ces jeunes-là, nous ne pouvons pas considérer que l’âge de la majorité règle tout comme par magie. Le GROUPE SOS a donc engagé une réflexion sur la sortie des dispositifs de la PJJ (Protection judiciaire de la jeunesse) et de l’ASE (Aide sociale à l’enfance). Nous nous mobilisons également avec les fédérations associatives auxquelles nous adhérons pour faire levier auprès des politiques."

protection de la jeunesse GORUPE SOSLe point de vue d’Edouard Durand, magis­trat et membre des conseils d’administra­tion du GROUPE SOS
 

Vous êtes auteur du livre « Violences conjugales et parentalité : Protéger la mère c’est protéger l’enfant » (éditions L’Harmattan). En quoi le soutien à la parentalité participe-t-il à une démarche de protection de la jeunesse ? 

"La parentalité peut être définie comme la capacité des parents à prendre soin de leur enfant. Comme le définit la loi, « l’autorité parentale est un ensemble de droits et devoirs ayant pour finalité l’intérêt de l’enfant ». Et l’intérêt de l’enfant doit être compris comme le respect de ses besoins fondamentaux, de sécurité et de stabilité notamment.

Or, certaines familles éprouvent des difficultés pour prendre en compte de façon adaptée les besoins de leur(s) enfant(s). Certains jeunes parents qui découvrent la parentalité peuvent dire « on ne nous a pas donné le mode d’emploi ! ». Le soutien à la parentalité répond à ce besoin d’aide et d’accompagnement dans l’éducation de l’enfant. Et lorsque les parents ne sont pas en capacité d’identifier leurs difficultés et de faire une demande de soutien, la protection de l’enfance doit les mettre en œuvre, parfois dans le cadre judiciaire. En définitive, le soutien à la parentalité est l’un des premiers moyens de protection de l’enfance et de prévention de la maltraitance."