Portrait de Caroline Couraud

octobre 2018

Caroline Couraud dirige le Troisième Pôle, une agence d'ingénierie culturelle appartenant à GROUPE SOS Culture. Elle pilote une équipe qui accompagne des acteurs publics et privés dans le développement de leurs projets culturels.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel ?

Il est assez hybride. Je suis ingénieure avec une forte composante en urbanisme. J’ai aussi été formée à la gestion de projets culturels et au développement informatique. J’ai d'ailleurs été développeuse Web pendant un court moment. Ma première expérience professionnelle s’est déroulée dans l’atelier du plasticien Yann Kersalé qui conçoit les lumières pour de grands architectes. J’ai travaillé, entre autres, sur les plans de lumière du Musée du Quai Branly à Paris et de la ville de Montpellier. Le Troisième Pôle, lorsque j’y suis arrivée il y a 12 ans, correspondait bien à ce parcours hybride. Cette agence fondée par Steven Hearn ne ressemblait à rien d’autre à l’époque. Nous faisions aussi bien du conseil, de la production d’évènements, du graphisme pour l’édition, du web… C’est sans doute ce qui m’a plu et qui m’a amenée à y rester.

CarolineCouraudQu’est-ce que le Troisième Pôle ?

C’est une agence d’ingénierie culturelle qui travaille beaucoup pour les collectivités publiques. En effet, si nous avons une forte appétence pour la création artistique, nous avons aussi un grand sens de l’intérêt général. C’est central pour nous. Nous menons des missions de conseil pour aider les collectivités et les acteurs des territoires à faire germer des projets ou à imaginer de nouveaux formats culturels. Nous avons aussi une importante activité de production déléguée. Les collectivités nous confient le budget de leurs manifestations - festivals, biennales, évènements muséographiques… - et nous les montons avec les commissaires et les programmateurs. La particularité du Troisième Pôle est d’être très transversal aux différents champs culturels.Par exemple, en ce moment, nous créons un musée pour la filière du Comté, dans le Jura. Et parmi les projets déjà menés, je citerai la Nuit blanche 2008 à Paris ou encore le Centre Pompidou mobile qui s’est déplacé pendant deux ans à travers la France.

Quelle est votre mission aujourd’hui ?

Je dirige une équipe à géométrie variable. Nous sommes 4 permanents avec de nombreux vacataires et prestataires en fonction des projets. Sans compter nos partenaires. Je dirige l’agence et coordonne l’équipe sur 40 projets par an, sachant que nous sommes dans un fort contexte de mutation. Les collectivités ont de moins en moins de ressources et les pratiques du public évoluent. Nous devons donc être toujours à l’écoute des besoins et des évolutions pour essayer d’accompagner les politiques au mieux dans une stratégie à moyen et long terme. Nous devons être ancrés sur le terrain, tout en ayant la tête ailleurs, pour capter les bonnes idées. En parallèle, nous menons une démarche de prospection commerciale indispensable, notamment via les marchés publics. Mais avec presque 20 ans d’existence, il n’est pas rare désormais que les clients nous démarchent directement.

NuitBlancheQuelles sont les valeurs les plus importantes dans votre métier ?

Le sens de l'intérêt général. Il faut également être très à l'écoute du client et de l'environnement. Notre credo consiste à ne pas appliquer des recettes toutes faites. Il faut avoir un peu de créativité et d'audace. Au troisième Pôle, nous sommes bons quand nous sommes à cheval sur d'autres sujets, comme l'aménagement du territoire, le développement économique, le tourisme, le social... Dans un contexte actuel de crise économique et identitaire, il faut que la culture innerve tous les pans de la société. On se retrouve d'ailleurs complètement avec le GROUPE SOS sur ce décloisonnement des approches.

Un moment ou un souvenir vous a-t-il particulièrement marqué ?

Un souvenir clef non, même si nous avons la chance de pouvoir faire beaucoup de belles rencontres. Mais notre grande satisfaction, c’est lorsque nous avons le sentiment d’avoir été utile à la collectivité, d’avoir pu l’aider à développer et lancer son projet. Ce qui est long et compliqué. Nous sommes donc très heureux lorsque nous avons pu réunir les bonnes personnes, créer le bon environnement et permettre, parfois, de faire émerger un projet plus juste et durable que celui initialement prévu.

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