Favoriser l'accès à la santé sexuelle au Burkina Faso

octobre 2018

En septembre, un nouveau programme d’éducation à la santé sexuelle et d’accès à la planification familiale pour les populations défavorisées des quartiers périphériques de Ouagadougou (Burkina Faso) a démarré, avec le soutien de l’Agence Française de Développement. Le programme repose principalement sur deux axes : la visite au domicile des patients par des agents de médiation sanitaire et leur suivi à distance grâce à l’application mobile Djantoli.   

chiffre cleUn accès à la santé sexuelle et reproductive pour toutes et tous

Malgré l’amélioration de l’information et de l’accès à la contraception ces dernières années au Burkina Faso, une part importante des besoins restent non-satisfaits, notamment chez les femmes jeunes, issues des couches sociales défavorisées. Ainsi, 20% des femmes en union de 15-49 ans n’ont toujours pas accès à la contraception.

Ces femmes résident pour la plupart dans les territoires qualifiés de « non-lotis » par les autorités sanitaires burkinabé : constitués d’habitats informels et précaires, ces quartiers sont de plus en plus peuplés du fait d’une importante croissance démographique et de l’exode rural mais sont peu dotés en services de base (eau, électricité, routes). De plus, ces quartiers font face à une grande vulnérabilité sur le plan sanitaire et social. Pourtant, l’accès des femmes et des hommes aux services de santé sexuelle et reproductive est un droit fondamental et un levier déterminant pour atteindre les objectifs nationaux et internationaux de développement durable.

Un modèle d'intervention innovant

Le projet Djantoli au Burkina Faso s’articule parfaitement avec les axes prioritaires de l’État burkinabé : rapprocher les populations périphériques des quartiers « non-lotis » de Ouagadougou des services de santé publics. Dans ce but, le projet prévoit de former les agents communautaires de trois organisations locales partenaires (IES Femmes, ADAPMI et ABBEF) et de cinq Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) à l’usage de l’application mobile Djantoli. Les patients qui le souhaiteront pourront demander à mettre en place avec les agents de médiation sanitaire un parcours d’accompagnement individuel, comprenant notamment un suivi sanitaire à distance grâce à l’application mobile Djantoli ainsi qu’un service d’envoi de SMS d’information en fonction des besoins identifiés.

Par ailleurs, 18 000 personnes seront sensibilisées à travers des séances de sensibilisation à l’éducation sexuelle dans les centres de santé, lycées et lieux publics ainsi qu’à travers des causeries éducatives communautaires.

Enfin, des dotations en équipement seront effectuées si nécessaire, après évaluation des besoins, afin d’améliorer la qualité globale de la prise en charge dans les cinq CSPS partenaires du projet.

Djantoli en bref

djantoliDjantoli, anciennement Pesinet, a été fondée en 2007. Pour améliorer durablement la santé maternelle et infantile en Afrique de l’Ouest, l’association propose des solutions qui allient nouvelles technologies et interventions de proximité, favorisant l’accès des familles aux systèmes de soins existants. La principale solution développée repose sur un réseau d’agents de médiation sanitaire professionnels et un outil de « carnet de santé connecté » sur téléphone mobile pour faciliter le suivi, la prévention et l’éducation sanitaire. Les projets Djantoli sont implantés au Mali depuis 2008 et au Burkina Faso depuis 2013. Au total, 9 000 enfants ont été suivis en 2017 dans 23 centres de santé partenaires.

Fort des complémentarités entre les projets Djantoli et ceux mis en œuvre par l’ONG Santé Sud, un rapprochement est en cours. En effet, Santé Sud défend le droit à un accès effectif aux soins pour les populations les plus vulnérables en France et à l’étranger. L’association Sud fait également partie du secteur Action Internationale du GROUPE SOS.

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