Afghanistan : un meilleur suivi de santé pour les femmes en zones rurales

février 2019

Afghanistan Libre a ouvert depuis 2003 quatre Centres d’éducation à la santé dans la province de Kaboul et la vallée du Panjshir. Ils sont tenus par des Afghanes qui possèdent une solide formation initiale en santé primaire et animent régulièrement des sessions de sensibilisation et d’éducation à l'hygiène et la santé de base. Afghanistan Libre va aujourd’hui plus loin, en ouvrant l’accès aux bénéficiaires des Centres à un service de suivi gynécologique, notamment des grossesses. Depuis janvier, l'ONG a lancé son nouveau programme d’amélioration de la santé familiale en milieu rural. Le principe ? Une fois par mois, une sage-femme qualifiée et équipée intervient dans chacun des quatre Centres.

projet sages femmesUn suivi régulier, collectif et individualisé

Un mois après son lancement, ce programme rencontre déjà un succès auprès des femmes de la province de Kaboul et du district du Panjshir. Plus de 50 femmes sont venues dans les 4 jours qui ont suivi le lancement officiel du programme. L’occasion pour elles d’avoir accès pour la première fois à une consultation assurée par une professionnelle de santé. Les journées de consultations s’organisent autour d’une première séance de sensibilisation collective, durant laquelle la sage-femme présente son métier et explique l’importance d’un suivi gynécologique. Ensuite, les femmes sont reçues en consultation privée. Ce format a permis d’initier un suivi pour plusieurs femmes enceintes, et d’orienter celles qui le nécessitaient vers des centres de soins adaptés.
 

sage-femmesune situation sanitaire toujours préoccupante en Afghanistan

Depuis le retrait du régime taliban en Afghanistan, les efforts conjoints du Gouvernement afghan, de la communauté internationale et des organisations de la société civile ont conduit à des progrès substantiels pour les femmes et les jeunes filles, notamment en matière d’éducation, de participation politique et d’accès aux activités économiques. Cependant, en matière de santé notamment maternelle et infantile, les engagements restent souvent théoriques, les moyens insuffisants et la situation particulièrement préoccupante. Le taux de mortalité des enfants reste l’un des plus élevé au monde avec 91 décès pour 1 000 naissances. En milieu rural, 4 femmes sur 5 n’ont jamais entendu parler de planning familial et 95% des femmes n’utilisent pas de moyen de contraception, malgré les effets néfastes sur la santé des grossesses à répétition. Enfin, 87 % des accouchements ont lieu sans aucune assistance médicale.

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