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Christine Rouzioux : rencontre avec une administratrice du GROUPE SOS

novembre 2019

Christine Rouzioux a récemment rejoint les conseils d'administration de GROUPE SOS Solidarités. Découvrez son parcours et les valeurs qui guident son quotidien !

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Professeure de virologie à l’Université Paris- Descartes, aujourd’hui professeure émérite, Christine Rouzioux a été élue présidente d’Arcat et du Kiosque Info Sida et Toxicomanie par les conseils d’administration du GROUPE SOS, en avril 2019.

Son parcours professionnel, c’est celui d’un engagement au service de la lutte contre le VIH, depuis l’apparition de l’épidémie. « Je suis engagée en faveur de la lutte contre le VIH/sida depuis 38 ans, lorsque les premiers cas de sida sont arrivés à l’hôpital Claude-Bernard (Paris). »

Elle a participé à l’élaboration d’un groupe de travail, lequel a abouti à l’identification du virus, avec l’équipe de Françoise Barré-Sinoussi et de Luc Montagnier qui seront colauréats du prix Nobel de médecine en 2008 pour cette découverte. Au sein de ce groupe de travail, Christine Rouzioux a proposé le premier test de dépistage du VIH. Plus que son sujet de thèse, une première mondiale.

L’objectif : comprendre cette maladie, rapidement. « À l’époque, nous n’avions pas le sentiment que cette maladie allait être aussi dévastatrice et toujours présente en 2019. » À l’hôpital Necker, en tant que chercheuse, elle a travaillé autour de la question du VIH chez l’enfant et de la transmission du virus de la mère à l’enfant.

C’est à cette époque qu’elle s’engage dans le monde associatif, d’abord chez AIDES, puis pour fonder Arcat. « Notre travail associatif était à la jonction de la recherche médicale, la médecine de ville et la recherche hospitalière pour travailler auprès de tous les patients souffrant du VIH/ sida. » En plus de ses activités de recherche et de son engagement associatif, Christine Rouzioux participe à l’édition du Journal du sida, disponible en édition papier jusqu’en 2013, et relancé par Arcat en version numérique depuis 2018. Ce qu’elle apprécie dans le GROUPE SOS ? La diversité, l’approche multidisciplinaire, l’encadrement administratif, juridique et financier qui consolident les activités des associations qui rejoignent le Groupe.

jestime.pngQuand on lui demande pourquoi elle a accepté la présidence d’Arcat et du Kiosque Info Sida et Toxicomanie, Christine Rouzioux évoque plusieurs raisons. Arcat et elle, c’est avant tout une histoire d’affect. « J’ai accepté la présidence de cette belle association en souvenir d’amis très chers disparus et avec qui nous avons fait beaucoup de choses à Arcat. »

Pour Le Kiosque, elle souligne le rôle essentiel dans les activités de dépistage. « En tant que biologiste hospitalier, j’ai toujours été très favorable au dépistage hors les murs. J’estime que nous avons une responsabilité pour engager tout ce qui est possible pour dépister le VIH, notamment en Île-de- France et en région PACA. » Et pour cause : 40 % des personnes non-dépistées vivent en région parisienne. Or, non seulement ces personnes ne bénéficient pas d’un accompagnement individuel, mais elles favorisent l’expansion de l’épidémie. « Le Kiosque offre cette possibilité de test gratuit. Voilà pourquoi cette dimension me tient très à coeur et j'ai accepté la présidence de cette association. »

Pour Christine Rouzioux, il est essentiel de mener une politique de dépistage hors les murs. Il faut également agir auprès des pouvoirs publics, avoir une vraie politique nationale, par exemple pour obtenir les financements nécessaires. « Il faut relier l’engagement associatif et le monde politique. Car le sida est aussi une maladie politique. » Enfin, Christine Rouzioux revient sur son expérience au sein de l’équipe des prix Nobel. « Nous étions une petite équipe d’une dizaine de membres. Nous sommes allés voir Françoise Barré-Sinoussi et Luc Montagnier recevoir ce prix Nobel en 2008, soit 25 ans après l’identification des premiers cas de VIH. » Une expérience fantastique et singulière remarque-t-elle. « Dans la vie d’un virologue, découvrir un virus est une étape majeure. A fortiori découvrir le virus du sida, qui a fait et fait toujours autant de dégâts, c’est à la fois très valorisant, mais cela signifie également que le combat contre ce virus est encore loin d’être achevé. »

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