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L'écologie industrielle ?

mars 2006
Les « Jeudis Solidaires » visent à présenter des initiatives économiques alternatives. Participer aux « Jeudis Solidaires », c’est pouvoir poser toute questions, dans un cadre convivial et informel, à des représentants d’organisations de l’Economie Sociale et Solidaire.

Le jeudi 2 mars dernier avait lieu la 13ème édition des "Jeudis Solidaires". Le Collège Coopératif de Paris, organisme de formations supérieures pour adultes et haut lieu de l’économie sociale et solidaire, accueillait pour la première fois les jeudis solidaires. Ces événements connaissent un succès grandissant et le thème de cette dernière édition a attiré une foule très diverse allant de représentants de grandes entreprises à des acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Le débat était mené par deux salariés d’Auxilia : Julie Dumont, chargée de communication et d’animation, et Benoît Duret, chef de projet et expert conseil en écologie industrielle et territoriale. Auxilia est une structure qui intervient auprès des entreprises et des collectivités pour les conseiller et les accompagner dans la mise en œuvre de leurs projets de développement durable.
L’écologie industrielle et territoriale, thème de ce "Jeudi Solidaire", est une démarche (parmi d'autres) pionnière et innovante pour assurer un développement durable.
Cette approche dynamique applique les principes des écosystèmes naturels à la sphère économique. Plus clairement, c’est un moyen très concret d’étudier les interactions possibles entre différents acteurs à l'échelle d'un territoire (quartier, zone d’activité, ville, région, etc.) afin de gérer et d’optimiser l’utilisation des flux de ressources (matière, eau, énergie, déchets).

Il s’agit donc de mettre en place des stratégies collectives et coopératives visant à créer une chaîne d’utilisation des ressources et des déchets afin que les résidus des uns deviennent les ressources des autres. Cela permet de réduire l’utilisation de matière ainsi que la pollution tout en faisant des économies. Par exemple, les boues rejetées par une station d'épuration sont récupérées par une entreprise locale comme matière première pour la fabrication de briques.
L’écologie industrielle permet surtout de travailler sur les problématiques liées à nos modes de consommation : en moyenne, seulement 7% de la matière qui a servi à créer un produit se retrouve dans le produit fini. La génération de déchets à la production est énorme : 99% des ressources extraites seront des déchets en 6 mois

L’écologie industrielle est mise en œuvre à travers quatre principes d’action : la réduction de la consommation de matière, la réduction des émissions de carbone fossile (pétrole, gaz ou charbon), la réutilisation des matières (les déchets des uns deviennent les matières premières des autres) et la diminution de l’utilisation de produits polluants (comme les détergents par exemple).

De nombreux exemples ont été cités, dont celui de la zone industrielle de Kalundborg au Danemark où six grandes entreprises (ainsi qu’une déchetterie et la municipalité) se sont organisées de manière à ce que les déchets soient « échangés ». Au départ la centrale électrique produit de la vapeur qui alimente la raffinerie et de la condensation qui est dirigée vers une usine de panneaux de plâtre, les cendres volantes partent pour l’entreprise de ciment, les boues fertilisantes vont aux fermes locales, etc. Ainsi, la zone industrielle a réussi à réduire de 25% ses consommations d’eau, de 20 000 tonnes par an de pétrole et son émission globale de CO2.

En France, il existe des freins au développement de l’écologie industrielle. D’une part les entreprises ne savent pas ce que produit le voisin donc elles ne réfléchissent pas à la possibilité d’alliance ou de partenariat. Et d’autre part, il existe des freins réglementaires et juridiques. L’utilisation d’huiles végétales ou de friture comme carburant d'un véhicule réduit les émissions polluantes mais est encore illégale en France.
L’écologie industrielle est l'un des outils de concrétisation du développement durable car elle permet aux différents acteurs impliqués (collectivités, entreprises…) d’élaborer ensemble leur vision pour le progrès écologique et économique de leur territoire.
Contact : Nicolas Froissard
Délégué régional Ile-de-France CJDES
(Centre des Jeunes Dirigeants et acteurs de l'Economie Sociale)
nicolas.froissard@groupe-sos.org
01 55 87 55 54

Structures d'économie sociale partenaires des Jeudis Solidaires :


CJDES Ile-de-France


Groupe SOS


Macif


La Péniche


Dans la cité

Le logo des Jeudis Solidaires a été réalisé par Presscode (structure d'économie sociale et solidaire)
Auxilia est l'un des membre fondateur d’une plateforme d’échanges d’acteurs intéressés par l’écologie industrielle www.france-ecologieindustrielle.fr

Par ailleurs, un ouvrage nous a été conseillé pour approfondir le sujet :
Thierry Kazazian : « Il y aura l’age des choses légères »

www.auxilia.asso.fr ou Benoît Duret – 01 48 51 11 20

Définitions Economie sociale et solidaire
L’économie sociale est définie par référence à ses statuts. Ce secteur se compose des coopératives, mutuelles et associations. L’économie sociale constitue un troisième secteur, autonome, au sein duquel les structures sont gérées démocratiquement selon le principe « une personne, une voix ». La destination des excédents éventuellement réalisés est originale : soit ces excédents ne peuvent être partagés entre les adhérents (c’est le cas pour les associations) soit ils profitent équitablement à tous les adhérents ou salariés.

L’économie solidaire est axée vers les initiatives de développement local, de réinsertion et de lutte contre l’exclusion : insertion par l’économique, commerce équitable, tourisme solidaire, systèmes d’échange locaux…