Définitions
Qu'est-ce que l'économie sociale et solidaire ?
L'économie sociale
Contrairement au libéralisme, l’économie sociale et solidaire place l’homme
avant le profit… Voilà déjà une première approche de ce secteur aux définitions
parfois subtiles ! Le Ceges (Conseil des entreprises et groupements de l‘économie
sociale) propose un autre aperçu de l’économie sociale : le terme désigne les
« groupements de personnes (et non de capitaux) jouant un rôle économique
». L’économie sociale rassemble ainsi les associations, les mutuelles, et les
coopératives…
Mais avant de définir l’économie sociale par ses structures, il faut la comprendre
à travers ses principes, reconnus par la plupart des intervenants :
– les individus adhèrent librement aux organismes de l’économie sociale ;
– l’association, la coopérative ou la mutuelle survit à ses membres ;
– les structures sont gérées démocratiquement, selon le principe « une
personne, une voix » – et non pas « une action, une voix »…
;
– les excédents profitent équitablement à tous les adhérents ou salariés ;
– une solidarité existe entre les membres, ainsi qu’entre les structures ;
– les biens et services produits par l’économie sociale sont utiles et de qualité
(prix accessibles, respect de la santé des personnes, de l’environnement…) ;
– le secteur vise l’épanouissement de l’individu ;
– l’économie sociale est autonome vis-à-vis de l’Etat et de tout pouvoir constitué.
Sur ces principes, l’économie sociale se distingue donc de l’économie capitaliste,
mais aussi de l’Etat et des collectivités locales. L’appellation de « tiers
secteur » permet justement de marquer cette double distinction.
L’économie solidaire
Ces définitions de l’économie sociale étant posées, en quoi s’en démarque
le terme d’économie solidaire ? Pour certains, cette appellation n’est qu’un
rafraîchissement récent du concept d’économie sociale. Pour d’autres – et souvent
pour ses propres militants – l’économie solidaire a une définition spécifique.
Certes, elle partage les principes de l’économie sociale, mais elle est plus
particulièrement axée « vers les initiatives de développement local, de réinsertion
et de lutte contre l’exclusion », comme l’explique le Ceges.
Le commerce équitable relève ainsi de l’économie solidaire, car il cherche à
favoriser les producteurs des pays pauvres. Idem pour les micro-crédits et les
finances solidaires, dans la mesure où ils aident au développement économique.
Même label pour les SEL (systèmes d’échange local), puisqu’ils permettent de
lutter contre les exclusions sociales… Ainsi, l’économie solidaire se définit
avant tout par son but militant – plutôt que par des formes juridiques. Les
SARL et les SA peuvent bien s’engager dans le commerce équitable ; les municipalités
peuvent aussi lutter contre l’exclusion, en s’investissant dans les « régies
de quartier » qui font travailler des habitants au service de leur propre
cité.
En somme, l’économie sociale et solidaire se définit aussi par sa diversité…
Et s’il faut vraiment la présenter succinctement, ce résumé peut bien convenir
: elle est, assurément, une alternative au libéralisme…
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