Le prochain dossier d'Interdépendances (octobre 2008) sera consacré à la santé.
Un système de santé solidaire, c'est possible ! Des idées et des initatives qui vont dans ce sens dans le numéro 71...
Le numéro 70 est sorti : Les ONG peuvent-elles changer le monde ?
Les ONG peuvent-elles changer le monde ? C'est le thème du dossier. Le lobbying et la communication des ONG sont-ils à la hauteur de...
Encore des nouveautés dans le numéro 70 !
Découverte de groupes de musique talentueux et d'initatives culturelles collectives, recettes de cuisine bio-équitables,...
Mieux connaître l'économie sociale et solidaire ? Toute l'actualité sexy et moins sexy de l'ESS se trouve dans...
continuer à être inventif
Que le risque soit potentiel ou absolument nul, l'imaginaire de chacun peut donner des proportions incommensurables à un simple fait. Notre société, de plus en plus préoccupée par le sentiment d'insécurité, a tendance à stigmatiser la personne marginale, fragile ou malade. Ces réflexes hâtifs, conséquences parfois de peurs irraisonnées, ne sont pas une fatalité.
Les pouvoirs publics, les associations, certains acteurs de terrain ont le devoir de prévenir tout phénomène de discrimination. Mais ce phénomène multiforme est encore complexe à cerner. Si l'on peut spéculer sur ses origines (frustration, peur, etc.), ses manifestations sont parfois difficilement perceptibles. Plus grave, du fait de ses origines complexes, parfois intimes, la discrimination peut n'être pas reconnue comme telle par les personnes qui l'exercent.
Aussi, la lutte contre les discriminations passe avant tout par l'information : développer et diversifier les moyens de communication et de prévention, créer des supports originaux, décliner les messages de solidarité sans jamais renoncer. Que doit faire un acteur de la lutte contre les discriminations dans le champ du VIH/sida qui souhaite, vingt ans après le début de l'épidémie, continuer à toucher les gens ?
Les actions en entreprise menées par Arcat depuis 1995 dans ce domaine montrent qu'il est encore possible d'être inventif et d'initier des actions attractives. L'idée est d'utiliser des objets courants de la vie en entreprise pour faire circuler les messages : tapis de souris « pour cliquer sans discriminer », post-it « citoyens responsables, salariés solidaires », pièce de théâtre sur la discrimination en entreprise écrite et jouée par des salariés, sets de table sur les plateaux-repas dans les selfs... L'appui de personnes relais, comme les médecins du travail, pouvant diffuser l'information, s'avère également essentiel. Cela favorise l'échange, le dialogue et permet davantage à la tolérance d'émerger de la crainte, de l'ignorance ou des préjugés.
L'expérience d'Arcat dans le microcosme de l'entreprise peut-elle être généralisée à une société entière ? Il faut en être persuadé. L'Année européenne des personnes handicapées lancée le 3 février dernier par le président Chirac en témoigne peut-être. Elle doit aboutir à la réforme de la loi de 1975 sur l'intégration des personnes handicapées, dont les associations de défense des personnes handicapées dénoncent le non-respect dans bien des domaines : accès aux transports, à l'éducation, aux soins à domicile, à l'emploi... « L'insertion des personnes handicapées représente une exigence civique », a dit le Président. La lutte contre toutes les discriminations aussi, si l'on veut une société à l'image de ses membres : variée, multiple, complexe. En un mot : humaine.