Le prochain dossier d'Interdépendances (octobre 2008) sera consacré à la santé.
Un système de santé solidaire, c'est possible ! Des idées et des initatives qui vont dans ce sens dans le numéro 71...
Le numéro 70 est sorti : Les ONG peuvent-elles changer le monde ?
Les ONG peuvent-elles changer le monde ? C'est le thème du dossier. Le lobbying et la communication des ONG sont-ils à la hauteur de...
Encore des nouveautés dans le numéro 70 !
Découverte de groupes de musique talentueux et d'initatives culturelles collectives, recettes de cuisine bio-équitables,...
Mieux connaître l'économie sociale et solidaire ? Toute l'actualité sexy et moins sexy de l'ESS se trouve dans...
– une diversification du mode de contamination de la population touchée par le VIH. La moitié des cas de sida diagnostiqués en 2001 sont liés à une contamination hétérosexuelle. La contamination d'origine homosexuelle diminue depuis 1995, et le nombre de cas se stabilise chez les usagers de drogues injectables ;
– une augmentation du nombre de personnes infectées chez les personnes de nationalité étrangère ;
– un dépistage insuffisant ;
– une prévention inadaptée à l'évolution des comportements ;
– une précarité grandissante des populations touchées, mais aussi la persistance de maladies opportunistes et d'effets secondaires liés aux traitements qui ne sont pas sans incidence sur la qualité de vie.
Comme pour les soins, l'accès aux droits constitue une difficulté majeure pour les personnes précarisées. Depuis 1986, le Groupe SOS prend en compte cette précarité, en donnant l'accès au logement et aux soins aux personnes infectées par le VIH. Et parce qu'un nombre croissant de ces personnes est issu des milieux migrants, une stratégie de prévention et de prise en charge a spécifiquement été mise en place, dès 1999, par l'association Arcat en direction des populations migrantes du monde hispanophone et asiatique.
Cette offre au service des exclus s'adresse aussi, depuis la loi du 2 janvier 2002, à ceux atteints d'autres pathologies chroniques sévères. La prise en charge dans le cadre des Appartements de coordination thérapeutique (ACT), par exemple, vient répondre à des situations de détresse sociale, de perte de repères, de problématiques de santé. Elle propose un accompagnement et un soutien qui remettent le résidant au cœur d'un projet de vie, d'un projet de soins.
L'accompagnement, nous dit Guy Le Bouëdec (1), « est un art, et non pas une science ni une technique. On l'apprend par la pratique, par ajustements successifs ». Il comporterait, ajoute-il, « trois processus indissociables : accueillir et écouter l'autre ; l'aider à discerner et délibérer ; cheminer avec sollicitude à ses côtés ».
Si nous faisons nôtres ces processus au regard de notre pratique, nous pouvons dire que :
– pour « accueillir et écouter l'autre », il nous faut bousculer nos certitudes, nos préjugés de soignants, d'accompagnants et lui offrir un espace de parole, lui manifester notre intérêt. Peut-être redécouvrira-t-il le respect et la dignité ? ;
– pour « l'aider à discerner et à délibérer », il nous faut repenser la prévention, qui se heurte bien souvent à l'irrationnel ; travailler avec lui en partenariat éclairé ; trouver avec lui des stratégies pour vivre avec la maladie, le traitement, la fatigue, le regard des autres, etc. ;
– pour « cheminer avec sollicitude à ses côtés », il nous faut du temps et il lui faut du temps, pour mener à bien son projet, réinscrire son histoire dans une autre trajectoire que celle connue de l'échec. Alors peut-être s'autorisera-t-il à réintroduire dans sa vie la notion oubliée ou méconnue de plaisir.
(1) Guy Le Bouëdec, « La démarche d'accompagnement, un signe des temps », Education permanente, n° 153, 2002.
Cet article est paru dans Interdépendances n°49 - Avril 2003.