L’article premier de la loi du 16 novembre 2001 relative à la lutte
contre les discriminations stipule que : « Aucune personne ne
peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à
un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié
ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure
discriminatoire, directe ou indirecte […] en raison de son origine,
de son sexe, de ses mœurs […] – ou, sauf inaptitude constatée par
le médecin du travail […] – en raison de son état de santé ou de
son handicap. »
Auparavant,
en France, la loi du 10 juillet 1987 instaurait l’obligation d’emploi
de travailleurs handicapés et assimilés, pour tous les établissements
de 20 salariés et plus dans la proportion de 6 % de l’effectif total
de leurs salariés. Cette disposition a abouti à la création de l’Agefiph
(Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle
des personnes handicapées). Elle a pour objet de favoriser l’accès
et le maintien dans l’emploi des personnes handicapées en milieu
ordinaire de travail et de gérer le fonds pour l’insertion professionnelle
des personnes handicapées. L’éventail des interventions de l’Agefiph
est censé permettre d’apporter des réponses à toutes les étapes
de l’insertion.
Et pourtant, au quotidien, ces réponses ne sont pas évidentes. Les
personnes handicapées doivent encore lutter pour trouver leur place.
Au sein des organismes du droit commun, spécialisés dans le placement
(agences locales pour l’emploi et structures spécialisées), les
constats d’échec de projets d’insertion sont nombreux.
La réinsertion des personnes malades doit passer avant tout par
la prise en compte des contraintes liées à la maladie : soins, prise
de médicaments, problèmes de locomotion, fatigue. Mais souvent,
la pathologie n’est pas le seul frein : un niveau de formation faible
voire très faible ne débouche que sur des revenus insuf- fisants
pour vivre et faire vivre sa famille ; le barrage de la langue ou
celui des différences culturelles ; le frein financier, etc. Or,
envisager l’insertion professionnelle (en formation ou en emploi)
ne peut se faire sans parler d’insertion sociale au sens le plus
large (droits administratifs, famille, logement, etc.).
Par conséquent, le fondement d’un projet d’insertion d’une personne
malade est la prise en charge de l’individu dans sa globalité et
son unicité : à chaque personne correspond un parcours. Pour cela,
l’individu doit être envisagé comme acteur de sa démarche d’insertion.
Seule son implication permet de faire émerger ses forces, ses atouts
pouvant être mis en valeur comme compétences pour l’exercice de
l’activité qu’il aura choisie.
Armelle Choupas |