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Les taux élevés des manifestations du mal-être des adolescents ont suscité
de nouvelles formes de réponses, avec la mise en place des points d’accueil
et d’écoute. Gratuits, confidentiels et anonymes, ces lieux permettent
aux adolescents la rencontre avec des adultes, psychologues ou éducateurs,
qui facilitent l’expression du mal-être et accompagnent la recherche du
sens, ce qui ensuite peut amener au mieux-être.
En même temps, des adultes, notamment parents et enseignants, qui partagent
le quotidien avec des adolescents, les trouvent parfois difficiles à vivre.
Ils expriment leur désarroi face aux comportements qu’ils perçoivent comme
agressifs, provocateurs ou dangereux. Ils cherchent des solutions qui
leur permettent de mieux réagir ou de faire intervenir d’autres personnes
pouvant les aider dans l’accompagnement des adolescents.
Les approches cliniques de l’adolescence, en direction des adolescents
eux-mêmes ou des adultes concernés, nécessitent une réflexion autour de
la dynamique du groupe familial et des groupes sociaux dans lesquels les
adolescents vivent. L’adolescence, qui commence de plus en plus tôt et
qui se termine de plus en plus tard, se déroule dans une série de changements
et de transitions nécessitant, de la part des adultes, des réponses graduées
au fur et à mesure de son évolution. Les changements physiques et psychiques
qui démarrent avec la puberté, ainsi que le processus de séparation/individuation
avec leurs parents, marquent les relations entre adolescents et adultes
et nécessitent des réponses adaptées et réfléchies.
Pour les adolescents, soutenir la recherche d’une identité propre, accompagner
des projets personnels, revaloriser la confiance en soi, peut contribuer
à réparer les images négatives qu’ils ont d’eux-mêmes. La « fatigue à
être » et les comportements de fuite – de par les consommations –, la
démotivation, la paresse et l’agitation freinent souvent leur développement
ainsi que leurs relations avec les adultes. Ils ont besoin d’être encouragés
pour trouver des solutions à leurs réactions conflictuelles ou destructrices.
Dans la rencontre avec une tierce personne bienveillante et attentive
à leurs paroles et au sens de leurs actes, les adolescents peuvent réinvestir
d’autres façons d’être, qui les aident à se construire en s’appuyant sur
la compréhension de leur histoire familiale et culturelle.
Pour les parents et les adultes qui travaillent avec les adolescents,
il est nécessaire de décoder les messages (actes ou paroles) que ces derniers
leur adressent. Trouver un juste milieu entre la répression et le laisser-
aller n’est jamais simple, surtout pour un parent seul et sans appui.
Les parents désignés démissionnaires ont besoin d’une approche qui valorise
leurs compétences et renforce leur compréhension du processus d’adolescence.
L’accompagnement de la parentalité permet un regard sur les multiples
aléas qui construisent, déconstruisent et reconstruisent les relations
familiales, dans le but d’aider chaque parent à maintenir son rôle auprès
de son enfant.
Les circulaires qui régissent les lieux d’écoute, ainsi que la diversité
des projets en réponse à cette demande, se conjuguent avec les moyens
limités pour mettre en place des lieux pluridisciplinaires qui peuvent
offrir des réponses psychologiques et éducatives. Au sein du Groupe SOS,
les options choisies sont diversifiées. Les structures créées privilégient
le travail en réseau et la construction d’un partenariat pour pouvoir
répondre efficacement à l’ensemble des problématiques des populations
rencontrées. Ces réponses nécessitent une consultation en continu, avec
l’ensemble des acteurs, auprès des adolescents et de leurs parents (comme
les équipes médico-sociales scolaires, les travailleurs sociaux de la
PJJ et des DSD, les centres d’insertion et d’orientation, etc.).
Le choix des lieux qui correspondent aux projets, la souplesse des horaires
d’ouverture et la souplesse des conditions d’accès facilitent la mise
en place de réponses innovantes et dynamiques, qui deviennent des structures
incontournables dans la prise en charge des adolescents et des parents
aujourd’hui.
Kate Le Mestre, psychologue
clinicienne, responsable du Point Ecoute parents et adolescents de Montpellier
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