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Le dispositif français d’accueil des demandeurs d’asile n’a pas été adapté
à l’évolution récente de la situation en la matière : contrairement à
une idée reçue, il y a moins de demandes d’asile aujourd’hui qu’au début
des années 90. Cependant, après une diminution significative jusqu’en
1996, l’augmentation enregistrée depuis 1997 pose des problèmes spécifiques.
Outre une croissance importante en volume, on assiste à un changement
du profil des demandeurs. Ce sont souvent des familles – parfois monoparentales
– avec enfants, qui ne peuvent s’appuyer sur aucun réseau communautaire
d’entraide, du fait, notamment, de la diversification des origines nationales
des personnes.
Ces
familles, précarisées et sans ressources propres, butant sur un dispositif
national d’accueil saturé, viennent engorger les structures d’hébergement
d’urgence. Cette situation perdure, malgré les récentes décisions d’augmenter
fortement le nombre de places d’accueil en Centre d’accueil des demandeurs
d’asile (CADA).
Le dispositif national souffre de nombreux maux : les délais d’examen
des dossiers sont souvent très longs (plusieurs années), alors qu’il est
par ailleurs interdit aux demandeurs d’asile d’exercer une activité professionnelle
; l’oisiveté dans laquelle les personnes accueillies sont maintenues les
contraint à une inexistence sociale aux multiples inconvénients ; le financement
des CADA est extrêmement réduit (moins de 24 euros par jour et par personne),
ce qui limite fortement les marges de manœuvre des équipes.
L’accueil de demandeurs d’asile doit cependant répondre à un cahier des
charges très précis en terme de qualité. Le CADA du Groupe SOS, créé le
1er janvier 2002 et situé à Hautefeuille, tente de concilier ces exigences
contradictoires.
L’hébergement des 80 personnes accueillies – dont 46 enfants –, d’origine
africaine ou des pays de l’Est, offre confort matériel et qualité de l’environnement.
Son implantation rurale est particulièrement adaptée à l’accueil de familles
avec enfants, et notamment les enfants en bas âge. Les résidants disposent
de chambres de deux à quatre personnes avec sanitaires et douches individuels.
A l’intérieur du centre, le respect de la vie privée coexiste avec une
incitation aux échanges entre résidants, grâce à de vastes pièces communes
qui permettent aux familles de prendre des repas qu’elles préparent elles-mêmes
dans une cuisine mise à leur disposition.
La commune scolarise les enfants. Compte tenu de l’interdiction de travailler
dont les demandeurs d’asile sont frappés, et du grand nombre d’enfants
présents au centre, une attention particulière est portée à l’animation
et aux activités qui peuvent être proposées.
Outre le respect de ces missions de base, le CADA de Hautefeuille cherche
à parfaire la qualité de l’accueil. De nombreux partenariats sont ainsi
développés avec des organismes et associations locales (Croix-Rouge, Secours
catholique, Secours populaire, associations d’entraide locales, etc.),
qui apportent leur soutien en matière d’alphabétisation, d’aide alimentaire,
de fourniture de vêtements, d’organisation d’activités à l’attention des
enfants.
Un suivi médical est assuré auprès de l’ensemble des résidants, tant par
l’intervention d’un médecin salarié chaque semaine, que par celle – occasionnelle
– des médecins de ville, ou – mensuelle – de la PMI (Protection maternelle
et infantile). Un accompagnement administratif est également assuré dans
le cadre des procédures initiées auprès de l’OFPRA (Office français de
protection des réfugiés et apatrides) en vue de l’obtention du statut
de réfugié.
Bruno Carnevali, directeur
du CADA Hautefeuille
et Philippe Caumartin, délégation générale
du Groupe SOS |