Droit à l’éducation : les mineur·e·s non accompagné·e·s sont avant tout des enfants

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En ratifiant la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), la France s’est engagée à rendre effectif pour chaque enfant le droit à une éducation gratuite et de qualité. Dans les faits, les enfants défavorisé·e·s connaissent des difficultés d’accès à la scolarisation ou à la formation professionnelle. Parmi eux, les mineur·e·s non accompagné·e·s (MNA), trop souvent ballotés de structures en structures, sont particulièrement touchés par ces inégalités. Le GROUPE SOS, qui accueille 2500 enfants chaque année, agit pour défendre les droits des mineurs étrangers et leur garantir les mêmes chances que les autres enfants. A l’occasion de la Journée internationale des Droits de l’Enfant le 20 novembre, découvrez le parcours de Mohamed Nogo, mineur non accompagné, qui a pu se former en suivant sa passion : l’électricité.

Mineur·e non accompagné·e : demandeur  ou demandeuse d’asile âgé·e de moins de 18 ans qui n’est accompagné ni par le père, ni par la mère, et qui ne relève par ailleurs de la responsabilité d’aucun·e adulte mandaté·e pour les représenter. (source : OFPRA)

Mohamed arrive en France en octobre 2017. Il enchaîne alors les structures d’accueil : pas moins de 4 en l’espace de quelques mois. « C’était une période très difficile. En plus d’être sans cesse obligé de changer de lieu de vie, j’attendais la décision du juge pour enfants, qui devait confirmer mon statut de mineur ». Pendant 8 mois, il doit même loger à l’hôtel.

Malgré ce parcours d’intégration haché, Mohamed poursuit un rêve : devenir électricien. « Je ne sais pas d’où me vient cette passion, mais j’ai l’impression de l’avoir toujours eue, même quand j’étais au Burkina Faso ».

Mohamed commence alors un CAP Electricien à Paris, en septembre 2018. C’est au cours cette formation qu’il intègre en février 2020 l’Archipel, structure du GROUPE SOS spécialisée dans l’accompagnement et l’intégration de Mineur·e·s non accompagnés (MNA). « J’ai de la chance », explique Mohamed. « L’équipe m’aide dans mes démarches administratives, pour mon logement, mes finances… ». Un cadre sécurisant qui lui permet de se concentrer pleinement sur ses études, mais aussi de profiter de sa vie comme les autres jeunes. « J’aime faire du sport, de la muscu­lation avec mes amis. Ou juste me balader avec eux. On traîne souvent à Bercy, où il y a un grand parc ». Mohamed est très soucieux de gar­der les liens avec les autres jeunes qu’il a croisé dans son parcours d’intégration : « On a vécu des moments forts ensemble. Ils sont presque devenus une famille pour moi. Alors même si on ne peut pas forcément se voir souvent, on s’appelle régulièrement ! ».

Diplômé en juillet 2020 de son CAP, Mohamed veut continuer à approfondir sa passion. Il fait sa rentrée scolaire 2020-2021 sur les bancs d’un baccalauréat profes­sionnel « Métiers de l’électricité et de ses environnements connectés » (MELEC). Il fait son cursus en apprentissage, en travaillant dans une entreprise qui installe et entre­tient les signalétiques lumineuses de la ville de Paris, et notamment les feux tricolores.

C’est alors que son lycée lui pro­pose de participer au concours du « Meilleur apprenti de France », en catégorie Electrotechnique. « On devait recréer un système d’arrosage de tomates, à partir de plans. La difficulté première, c’est de ne pas stresser. Une petite erreur, on panique, et impossible de se relever » raconte-t-il. Cette opportu­nité, Mohamed veut la saisir : « au début, je me suis dit : je suis déjà très fier d’être ici. Je fais ce que je peux, je n’ai pas de compte à rendre à qui que ce soit, mais je veux quand même gagner ! ». Méthodiquement, patiemment, il réalise son oeuvre (cf photo) en 7h30. Résultat ? Médaillé d’or du concours régional, avec une moyenne de 19,3 ! Un prix qu’il accepte avec humilité, en attendant les épreuves nationales, qui auront lieu en octobre : « Si je peux gagner ? J’ai les mêmes chances que les autres participants. »

En septembre, Mohamed a fait sa rentrée en terminale. Il lui reste encore un an d’apprentissage. Quasiment autonome grâce à ce travail, il attend une réponse pour intégrer un Foyer de jeunes travail­leurs. « Ensuite, je veux faire un BTS, et en apprendre plus sur les câblages automatiques et la programmation ». Son objectif final ? « Je veux travail­ler dans l’architecture des câbles » dit-il avec envie. Et d’ajouter avec un sourire : « Je ne sais pas dessiner, sauf quand il s’agit de câbles ! ». On aurait tendance à croiser les doigts pour qu’il réussisse. Mais quelque chose nous dit qu’il n’aura pas besoin de cela !

Du 17 au 22 novembre, Mohamed participe au concours national. On lui souhaite bon courage !

Le GROUPE SOS accueille chaque année plus de 2500 mineur·e·s isolé·e·s et leur propose au quotidien un accompagnement éducatif, pédagogique, social, administratif et sur le plan de la santé. Un·e mineur·e non accompagné·e est avant tout mineur, avant d’être étranger. Chaque enfant a le droit d’être protégé. Garantissons-leur les mêmes chances que tous les autres enfants !

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