Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes

Accueil / Actus / novembre 2021

Le GROUPE SOS, première entreprise sociale d’Europe, se mobilise au quotidien pour l’accueil d’urgence et l’accompagnement des femmes victimes de violences, grâce à de nombreux dispositifs étendus sur tout le territoire national.

A date, 102 femmes ont été tuées par leurs compagnons ou ex-compagnons depuis le début de l’année en France selon le collectif Féminicides par compagnons ou ex. Près de 220 000 femmes déclarent chaque année être victimes de violences, sans compter celles qui aujourd’hui encore, n’osent pas parler : des chiffres qui ne cessent d’augmenter. Les femmes en situation d’exclusions sont davantage exposées aux violences physiques et/ou sexuelles, à la précarité, aux inégalités sociales de santé ou d’emploi… et peinent à accéder à des dispositifs dédiés. Face à ce constat, le GROUPE SOS a développé un accueil adapté aux femmes dans plusieurs de ses établissements. En 2021, près de 600 femmes victimes de violences ont été accompagnées dans les dispositifs spécifiques ou généralistes du GROUPE SOS.

De l’hébergement d’urgence à l’hébergement pérenne

Le GROUPE SOS, engagé dans cette lutte contre les violences faites aux femmes, propose des solutions pour un accueil en urgence des victimes, l’accès à des dispositifs de stabilisation ou encore à des solutions d’hébergement pérenne. Parmi les dispositifs en place sur tout le territoire national :

  • Le Centre d’hébergement d’urgence (CHU) Plurielles (Paris) héberge des jeunes femmes en situation d’errance, et leur permet de vivre dignement dans le respect de leurs besoins et de leur intimité. Prélude 93 (Seine-Saint-Denis) propose un accompagnement d’intermédiation locative destiné aux femmes avec enfants, sortant de l’aide sociale à l’enfance ou victimes de violences.

 

  • Le CHU Domercq (Bordeaux) propose une solution de mise à l’abri immédiate pour ces femmes victimes de violence, obligées de quitter leur logement sans solution d’hébergement. Lorsque ces femmes sont suffisamment autonomes financièrement et psychologiquement, elles peuvent être accueillies sur le programme d’intermédiation locative (IML) Gironde ou vers un logement autonome en fonction de leurs besoins.

 

  • A Marseille, une centaine de places sont dédiées aux femmes en situation de grande précarité, d’exclusion ou victimes de violence, avec ou sans enfant. Le CHU Familles Parenthèse propose une solution rapide d’hébergement lorsque la victime, enceinte ou maman de très jeunes enfants, est orientée par les services sociaux du département. Au-delà de la mise à l’abri, les femmes hébergées bénéficient d’un accompagnement social, sanitaire et juridique. Objectif : leur offrir une passerelle vers le logement pérenne. Le CHRS Saint Louis propose en parallèle une mise à l’abri pour la nuit pour les femmes majeures isolées.
  • Dans l’Aude, le GROUPE SOS donne une priorité d’accès aux femmes victimes de violences en situation d’urgence, avec ou sans enfant sur les places en hébergement d’urgence et pour l’accès à un logement pérenne sur le dispositif de la Plateforme sociale du Lauragais. Un accueil de jour permet un accompagnement juridique, et au besoin, un accès aux douches, une laverie, une bagagerie ou encore des collations et café. A Castelnaudary, des femmes victimes de violences conjugales, enceintes ou avec jeunes enfants, sont accueillies sur le nouveau dispositif « Les Lucines », rattaché à la Plateforme sociale du Lauragais.

 

  • S’ajoute également le dispositif Ysos en Normandie, qui propose des places en hébergement d’urgence et de l’accueil de jour pour les femmes victimes de violences.

Un accompagnement pour les auteurs de violences conjugales

Lors du Grenelle contre les violences conjugales organisé par le Gouvernement en 2019, plusieurs mesures ont été annoncées, parmi lesquelles le suivi des auteurs de violence, avec l’annonce de la mise en place de deux centres de suivi par région. Ces centres de prise en charge des auteurs de violences conjugales (CPCA) sont destinés aux auteurs condamnés à de petites peines ou des peines avec sursis, et ne sont donc pas destinés aux auteurs d’homicides. Les CPCA permettent de favoriser la prévention du passage à l’acte, de la récidive, permettent de responsabiliser les auteurs de violence, mais aussi aux victimes de continuer de vivre à leur domicile si elles le souhaitent, afin de ne pas se retrouver sans logement.

Le GROUPE SOS s’est emparé de cette mesure à travers plusieurs actions :

  • Le lancement en mars 2020 en partenariat avec le Ministère de la Justice et le secrétariat d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, d’« Eviction », une plateforme temporaire de logements qui permet l’éviction des conjoints violents pour sécuriser les femmes et les enfants. Alors que des indicateurs ont démontré une recrudescence des violences conjugales pendant les confinements, la plateforme Eviction a permis, dès le printemps 2020, de faciliter l’éviction du domicile des conjoints violents, en favorisant des solutions concrètes et immédiates.

  • Dans ce même cadre, le GROUPE SOS, à travers son pôle Justice, est membre du Groupe de travail du Ministère de la Justice présidé par Isabelle ROME, haute fonctionnaire à l’égalité entre les femmes et les hommes, sur la prise en charge des auteurs de violences conjugales. Dans ce cadre, une expérimentation, le Contrôle Judiciaire avec Placement Probatoire, a été lancée sur deux sites pilotes (La Cordée à Nîmes et Appui 67 à Colmar). Au programme : suivi renforcé, dès la mise en contrôle judiciaire, puis au prononcé de la peine, poursuite en post-sentenciel. Le Contrôle Judiciaire avec Placement Probatoire est une innovation, notamment pour la protection de la victime avec un traitement particulier du mis en cause, qui, tout en étant présumé innocent, est tenu de résider dans un lieu déterminé. En 2022 ce sont 10 sites pilotes qui seront concernés.

  • L’ouverture d’un premier dispositif en Gironde en mai 2020 : le PPMJ (Personnes placées sous mains de justice). L’objectif de cet établissement en lien avec la justice est de faire baisser le risque de récidives grâce à l’éloignement et à l’accompagnement mis en place. Ces personnes sont hébergées dans des appartements répartis sur l’agglomération bordelaise et à Libourne.

  • L’ouverture de l’établissement La Cordée à Nîmes, en 2020. La Cordée accompagne les hommes violents placés sous autorité judiciaire, en alternative à l’incarcération. Ils sont accueillis en appartements indépendants ou collectifs soit sur décision judiciaire, soit à l’issue d’une garde à vue dans l’attente du jugement, soit dans le cadre d’un aménagement de peine. En complément de l’hébergement proposé, l’équipe sociale de La Cordée accompagne ces personnes à travers un programme socio-éducatif et thérapeutique : entretiens individuels, thérapies collectives, ateliers thérapeutiques et week-end thématiques permettent de travailler autour du thème des violences conjugales.

  • Ce 25 novembre 2021, le GROUPE SOS inaugure en lien avec le centre hospitalier Charles Perrens à Bordeaux, un CPCA qui proposera un accueil de jour aux auteurs de violences conjugales, avec un suivi psychologique et un accompagnement social. Il s’agit donc d’un dispositif unique, reposant à la fois sur les compétences d’un établissement sanitaire, le centre hospitalier Charles Perrens (qui est le porteur administratif), et du Groupe SOS, garant d’un accompagnement global : sanitaire, judiciaire, socio-éducative. Les personnes peuvent accéder à ce dispositif dans le cadre d’une démarche volontaire, ou d’une décision judiciaire. Ce CPCA Centre Nouvelle Aquitaine exercera sa compétence sur 4 départements : la Gironde, le Lot-et-Garonne, la Charente-Maritime et la Dordogne.

La Cordée, dispositif d’accompagnement des hommes violents placés sous autorité judiciaire en alternative à l’incarcération

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