Travailleurs et travailleuses du sexe : arrêtons la répression

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Stop les violences, stop la répression, stop la stigmatisation des travailleurs et travailleuses du sexe

A l’occasion de la journée mondiale contre les violences faites aux travailleuses du sexe le 17 décembre, la Fédération Parapluie Rouge dénonce les arrêtés municipaux qui interdisent l’exercice de la prostitution dans certaines rues de Paris, Lyon, Toulouse, Montpellier etc.

En tant que professionnel du médico-social et acteur de terrain mobilisant une approche communautaire de la santé, le Groupe SOS et Arcat s’alignent sur la position de la Fédération Parapluie Rouge en demandant l’abrogation de la loi prostitution de 2016 pénalisant les clients des travailleurs et travailleuses du sexe, et demande que les réponses aux enjeux de santé, de sécurité, d’insertion et d’accompagnement des travailleur.ses du sexe, ainsi qu’aux enjeux de mise à l’abri et de protection de la traite des êtres humains soient construites avec les premier.ère.s concerné.e.s

L’espace public est interdit aux travailleur.ses du sexe sous différents prétextes comme le trouble à l’ordre public, l’atteinte à la pudeur ou l’interdiction de stationnement des camionnettes. Il est inadmissible que les municipalités aient le pouvoir d’exclure une partie de la population considérée comme indésirable. Cela n’est pas sans rappeler les arrêtés anti-mendicité et anti-bivouac qui relèguent les plus pauvres et les migrant.es loin de l’espace public au profit de l’embourgeoisement des centres-villes.

Ces arrêtés ont pour conséquence de repousser les TDS en périphérie. Toujours plus loin des regards et des habitations, elles sont plus isolées et plus exposées aux violences. Elles font face au harcèlement policier et aux amendes à répétition qui les précarisent encore davantage.

En 2016, l’état français a choisi d’affirmer sa position abolitionniste en pénalisant non plus les travailleur.ses du sexe, mais les clients, entendant ainsi mettre fin à la répression à l’encontre des TDS, désormais considérées comme des victimes.

Le délit de racolage public a été abrogé en 2016, les arrêtés municipaux antiprostitution qui criminalisent les TDS doivent être également supprimés.

Nous exigeons l’arrêt de la répression des TDS.

Nous appelons les associations, organisations et élu.es à nous soutenir dans ce combat.

 

Aller plus loin

« Réviser la loi prostitution de 2016 en construisant avec les premier·ère·s concerné·e·s les réponses aux enjeux de santé, de sécurité, d’insertion et d’accompagnement des personnes en situation de prostitution / travailleur·se·s du sexe et aux enjeux de mise à l’abri et protection des victimes du proxénétisme et de la traite des êtres humains. La loi de pénalisation des client·e·s de 2016, qui vise à protéger les personnes en situation de prostitution et les travailleur·euse·s du sexe, se révèle contreproductive dans son volet répressif qui a eu pour effet d’augmenter la précarité et l’exposition aux risques en santé (dont VIH) ; et peu efficace dans son volet social visant la sortie de la prostitution des personnes concernées. Ces failles sont celles d’une loi davantage élaborée à partir d’une vision idéologique que des besoins exprimés par les premier·ère·s concerné·e·s. Nous préconisons d’organiser sa révision en associant les personnes en situation de prostitution et les travailleur·euse·s du sexe au centre du débat public. »

> Une proposition à découvrir en détail dans notre plaidoyer « Lutte contre le VIH » 

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