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« La solidarité et le dévouement ne sont pas de vains mots. »

mai 2020

L’épidémie touche de manière inégale les territoires, et les établissements. Corinne Strousser-Dameme est directrice des Appartements de coordination thérapeutique de Bordeaux, au sein de GROUPE SOS Solidarités. Elle a décidé de traverser le pays pour apporter son aide à la Maison d’accueil médicalisée d’Ormesson (Val-de-Marne), durement touchée par l’épidémie. Elle nous raconte son formidable geste de solidarité.

corinne strousser« Je suis directrice d’un Appartement de coordination thérapeutique (ACT) de GROUPE SOS Solidarités à Bordeaux et infirmière cadre de santé de formation. L’établissement que je dirige est, jusqu’à ce jour, épargné par le Covid-19. Mais ce n’est malheureusement pas le cas de tous les établissements du GROUPE SOS.

Quand la situation de la MAS d’Ormesson, qui accueille des personnes adultes en situation de handicap en Ile-de-France, s’est dégradée, il a fallu réagir vite. L’épidémie a touché de manière concomitante et rapide des résidents et toute l’équipe d’encadrement. C’est dans ce contexte, que la direction m’a proposé de rejoindre temporairement cet établissement pour apporter un renfort humain et une expertise sanitaire. J’ai une expérience de quelques années en services de maladies infectieuses et tropicales en milieu hospitalier.

Je suis par ailleurs membre du Comité des soins qui a pour vocation à produire et à améliorer les protocoles de soins dans les établissements du secteur handicap. J’ai donc une certaine culture des risques infectieux et des problématiques de soins et d’hygiène.

J’ai rapidement accepté cette proposition même si je dois avouer que j’avais une certaine appréhension. Je ne m’étais, jusque-là, pas confrontée réellement au virus et j’avais des craintes, pour la plupart irrationnelles.

Quand je suis arrivée sur site, j’ai pu constater que les équipements et mesures de protection mises en place permettaient d’assurer la sécurité de l’ensemble des professionnels.  A donc commencé pour moi une période d’observation pour identifier toutes les opportunités d’amélioration des process afin d’enrayer la propagation du virus au sein de l’établissement. J‘ai donc scruté les différents circuits mis en place, les gestes et déplacements des professionnels, pour essayer de voir ce qui devait être amélioré. Ne connaissant pas cet établissement ni les professionnels y exerçant, j’avais la possibilité de poser un regard neuf et neutre sur la situation. C’était un réel avantage.

Mon accompagnement a duré une semaine durant laquelle j’ai mis l’accent sur la formation et l’information des professionnels, pour qu’ils comprennent et intègrent pleinement les gestes barrières et les nombreux nouveaux protocoles produits. J’ai également participé à faire évoluer certains circuits pour lutter contre le risque de propagation de l’infection, démarche essentielle dans une collectivité pour protéger résidents et professionnels. Le cadre de santé de la MAS étant de retour à la fin de ma mission, nous avons pu échanger et travailler ensemble pour qu’il puisse s’approprier sereinement les différentes actions que j’avais initiées.

J’ai donc rejoint mon établissement de Bordeaux en ayant le sentiment d’avoir apporté un soutien et un savoir-faire à une équipe qui était sur le front depuis de nombreuses semaines et qui n’avait pas été épargnée. Mais aussi, avec la conviction que nous faisons tous partie d’un même collectif pour lequel la solidarité et le dévouement ne sont pas de vains mots.

J’ai été émue de recevoir autant de remerciements suite à mon intervention. A mon tour, et même si je l’ai déjà fait, je veux remercier ceux qui ont pris mon relais sur l’ACT de Bordeaux et qui m’ont permis d’être pleinement concentrée sur ma tâche durant cette semaine intense ! ».

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