PLAIDOYER

Habitat et action sociale

Pourquoi ce plaidoyer ?

Porté par GROUPE SOS Solidarités, le Plaidoyer « Habitat et Action sociale » a été remis le 28 mars 2019 à Julien Denormandie, Ministre de la Ville et du Logement, lors d’un événement au café Fluctuat Nec Mergitur à Paris. Le GROUPE SOS a dévoilé des actions concrètes et ambitieuses, portées par ses équipes, ainsi que la proposition d’une transformation profonde des méthodologies d’accompagnements et des dispositifs.

Le logement pérenne est non seulement un droit, qui n’exige aucun pré-requis, mais aussi le socle d’un retour à la vie professionnelle, à la santé, à la vie sociale ou familiale, souvent interrompues par les années de rue ou de précarité. « Une société pour tou·te·s, une place pour chacun·e », telle est la devise de GROUPE SOS Solidarités. Appliquée au logement, cela signifie non seulement la nécessité que chacun y accède, mais également qu’il ait les moyens de s’émanciper dans et grâce au logement et d’y reconstruire sa vie. 150 000 personnes sont considérées comme sans abri et 902 000 personnes comme privées de logement personnel. Et loger ne suffit pas : sortir de l’exclusion, pour une personne fragilisée physiquement et psychologiquement par la rue dont toute l’énergie est concentrée sur la sécurité et la survie, nécessite un accompagnement personnalisé et adapté à chaque situation.

Dans l’ensemble des centres d’hébergements pour demandeurs d’asile, nous devons accompagner ces publics avec les mêmes valeurs et principes d’action que pour les autres : une mise en sécurité et non pas juste à l’abri, un accompagnement pluridisciplinaire et expert, le respect de l’intimité et de la vie privée et familiale un renforcement de l’autonomie.

Le plaidoyer est bâti sur un axe simple, mais ambitieux : le succès du relogement se construit sur un accompagnement pour tous, inconditionnel, évolutif et acceptant toutes les singularités.

Nos propositions

  1. Intégrer financièrement la notion de vulnérabilité dans l’approche tarifaire de l’hébergement. Aujourd’hui, les places en centres d’hébergement sont financées selon un coût plafond par personne. Or, nous savons par exemple que les personnes isolées coûtent plus cher que chacun des membres d’une famille car ces derniers partagent un même appartement et ont souvent des démarches uniques pour toute la famille. Les personnes isolées sont également sujettes à des périodes de sans abrisme plus longues, qui les fragilisent de manière profonde. Prendre en compte financièrement la notion de vulnérabilité permet un accompagnement adapté et prévient les risques de refus de publics fragiles dans les centres.
  2. Dissocier la prescription de logement de la prescription d’accompagnement. Le système d’accueil actuel est trop contraint : à un mode d’habitat proposé, une seule modalité d’accompagnement. Or, cela ne correspond pas toujours aux besoins et désirs de la personne, qui peut avoir besoin d’accompagnement renforcé dans un logement indépendant, ou inversement. Cela entraîne la multiplication des déménagements en fonction des besoins d’accompagnement, et donc une fragilisation des parcours. Il s’agit de révolutionner la construction juridique et financière actuellement bâtie autour de la notion de dispositif.
  3. Combler les importantes lacunes du système d’accueil et d’intégration. Nous proposons la révision du Règlement Dublin, afin d’instaurer un système d’accueil et de répartition des demandeurs d’asile humain et cohérent. Nous proposons également que les démarches des Bénéficiaires d’une Protection Internationale (BPI) en matière d’accès au logement soient adaptées et l’accompagnement à l’intégration véritablement renforcé. Enfin, nous détaillons les moyens humains supplémentaires nécessaires pour un travail serein et efficace des travailleur·euse·s socia·ux·les, aujourd’hui surchargé·e·s, et les manques du dispositif Asile.