Bénévolat intergénérationnel : zoom sur l’épicerie solidaire Epi’sol

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ANDES, association du Groupe SOS qui gère un réseau de plus de 460 épiceries solidaires ne cesse de s’agrandir pour venir en aide aux plus vulnérables. Epi’sol, épicerie du réseau ANDES au cœur du 5ème arrondissement de Paris, fonctionne grâce au bénévolat intergénérationnel. En effet, ce sont des seniors qui ont pensé et mis en place ce projet destiné aux étudiants, qui a ouvert en février 2021. La particularité de cette épicerie solidaire ? Une dimension intergénérationnelle : bénévoles jeunes et seniors se côtoient et s’organisent pour faire fonctionner l’établissement.

Une épicerie solidaire pour lutter contre la hausse de la précarité étudiante

Avec la crise du covid-19, la précarité étudiante n’a cessé de s’accroitre. Face à ce constat, une équipe de bénévoles engagés a décidé de monter un projet d’épicerie solidaire au cœur du 5ème arrondissement de Paris.  « Avec la crise que nous traversons, il faut absolument aider les jeunes. Nous avons décidé de passer à l’action, en montant cette épicerie », nous dit l’une des bénévoles d’Epi’sol. Ces bénévoles sont des seniors, qui se connaissaient déjà avant le projet du fait de leur engagement associatif dans le 5ème arrondissement. Ils candidatent alors à l’appel à projet d’ANDES, qui vise à soutenir la création de 300 épiceries solidaires sur le territoire français. L’association leur propose alors un accompagnement technique et un soutien financier.

Aujourd’hui, Epi’sol accueille déjà 174 étudiants en situation de précarité. Une fois admis, les étudiants deviennent des clients pour une période de 6 mois, renouvelable une fois.

L’épicerie est ouverte à partir de 16h00 en semaine et le samedi matin. Elle propose une grande variété de produits à prix réduits, environ 20% du prix habituel :  pâtes, conserves, sucreries, fruits et légumes frais, gel douche, etc. L’approvisionnement se fait grâce aux dons de différents supermarchés du quartier, via des campagnes de dons de produits, ou à travers les achats faits directement par l’association qui gère l’épicerie. Même si les prix sont bas, il reste important que les étudiants payent. Flora explique : « Les jeunes que nous accueillons ne doivent pas être stigmatisés. Pour eux, ne pas se sentir assistés est décisif pour le moral et la confiance en soi. Ce qu’on veut, c’est proposer des produits de bonne qualité. Il est hors de question pour nous de vendre des produits bas de gamme, c’est aussi un message pour ces jeunes en difficultés : ils méritent une alimentation saine et de qualité, comme tout le monde. » nous témoigne Flora, présidente d’Epi’sol. Les bénévoles font attention à vendre des produits adaptés à la vie étudiante. « Par exemple, la taille des paquets est importante : les gros produits encombrent les petits espaces dont disposent les étudiants. »

Bien plus qu’une aide alimentaire pour les étudiants précaires

Epi’sol ne propose pas seulement aux étudiants un service d’épicerie. La structure dispose également de deux assistantes sociales bénévoles disponibles pour discuter et échanger avec les étudiants. « On est là pour les aider à s’alimenter, c’est vrai, mais nous sommes aussi à l’écoute s’ils ont un souci, on essaye de faire tout ce qu’on peut » nous explique une bénévole de la structure.

L’épicerie a aménagé un espace séparé des rayons de vente, ainsi qu’une petite cuisine, pour permettre aux clients bénéficiaires de venir se poser, discuter. L’occasion également d’organiser des ateliers cuisine, à intervalle régulier. Les sujets évoqués ? Comment cuisiner les huiles ou les légumes secs, avec seulement une plaque chauffante et un micro-onde, comment composer un menu sans viande ou encore comment manger équilibré à bas coût.

Ces réunions sont un moment de partage d’astuces pour aider les étudiants à mieux vivre.

« On organise aussi des débats, qui portent sur plein de sujets différents.  Les étudiants peuvent ainsi venir se changer les idées, se défouler lors des différents groupes de parole. » détaille Flora. Une bénévole ajoute : « Quand ils arrivent ils ne sont pas bien, puis ils partent avec le sourire. Ça, pour nous c’est beaucoup ».

L’épicerie solidaire comme vecteur de lien intergénérationnel

Pour faire fonctionner cette épicerie, les bénévoles pour la plupart retraités sont organisés et ont tous un rôle bien à eux : Gérard est trésorier, Flora gère l’accueil des étudiants, certains sont en charge de la caisse, et d’autres gèrent les stocks de produits, etc.

Si l’initiative de la création de l’épicerie vient de seniors engagés, beaucoup de jeunes bénévoles aident également pour faire fonctionner l’épicerie, le plus souvent le samedi. « Nous on a du temps en semaine, les jeunes plutôt le week-end. On se complète bien, d’un point de vue pratique ! » explique Flora. Selon les bénévoles, l’alliance entre les jeunes et les seniors est très positive car les jeunes apportent et apprennent beaucoup aux seniors.

« Etre bénévole avec des jeunes, c’est plus évolutif ! Certes nous donnons du temps pour l’épicerie, mais ça nous apporte beaucoup. Je me demande si ce n’est pas à nous que ça fait du bien. » nous dit avec un grand sourire l’une des bénévoles de l’épicerie. Elle ajoute : « Nous avons besoin de jeunes bénévoles, c’est primordial, même pour nous ! C’est un rayon de soleil. Il y a des choses qu’ils nous expliquent car on ne sait pas tout, on ne sait plus tout, on est d’une autre époque. ».

Qui sont ces jeunes bénévoles ? Des anciens étudiants qui ont fini leurs études récemment et qui rentrent dans la vie active. Ils viennent pour la plupart aider le week-end et quelques soirs en semaine. « Ils jouent un rôle important dans la création du lien avec les étudiants bénéficiaires ! Ce sont eux qui discutent le plus souvent avec les étudiants inscrits à Epi’sol. Ce sont des jeunes qui rencontrent d’autre jeunes, et entre jeunes ils se parlent ! Ils ont les mots, ils se connaissent. Nous, il y a certains mots que nous ne connaissons pas. On peut être maladroit, alors que les jeunes, entre eux, partagent leur vécu. » précise une bénévole de l’épicerie.

Les bénévoles seniors préfèrent ainsi se mettre en retrait pour les divers ateliers organisés au sein de l’épicerie. Un fonctionnement qui semble rendre tout le monde heureux de son rôle. Et surtout, qui permet de répondre aux besoins très différents des étudiants précaires : que ce soit le sentiment d’isolement ou les besoins en produits de première nécessité, bénévoles seniors comme jeunes se partagent les tâches pour que chaque étudiant puisse trouver un soutien et un chemin vers un avenir plus radieux.

 

Vous êtes une association ou une collectivité et vous souhaitez développer une épicerie solidaire sur votre territoire ? Bénéficiez d’un soutien technique et financier en répondant à l’appel à candidatures lancé par le réseau ANDES. Pour devenir lauréat, déposez votre projet dès maintenant ➡ https://bit.ly/3yvVZZe

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