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VIVIA MIEL : Restaurer les forêts sacrées au Bénin avec Planète Urgence

27 juin 2023 • ACTUALITÉS

English version below

Grâce à la belle équipe de VIVIA MIEL, une association à fort impact au Bénin, l’Homme et la Nature peuvent de nouveau vivre en harmonie. En effet, en partenariat avec Planète Urgence, l’ONG environnementale du Groupe SOS, VIVIA MIEL mène le projet GAPADOU et impacte durablement les municipalités de Bassila et Djougou, au Bénin. Nous nous sommes entretenus avec le Directeur de l’association, Emmanuel Traore, et le chef du projet GAPADOU, Ridwane Bio Oure, pour échanger à propos de leurs actions sur le terrain.

Qu’est-ce que le projet GAPADOU ?

Commençons par le commencement. Au Bénin, plus de 3 000 forêts sont sacrées et, par conséquent, sont des zones protégées. Dans ces forêts, où vit une incroyable biodiversité, les communautés locales ont depuis longtemps pratiqué des rites et cérémonies religieuses. Grâce aux savoirs ancestraux, coutumes, tabous, récits et légendes qui ont traversé les générations, les forêts sacrées ont été mises à l’abri des activités humaines.

Or, aujourd’hui, la pression démographique accroît de plus en plus la demande en énergie, en bois et en terres agricoles. Ainsi, les forêts sacrées sont exploitées et menacées.

Planète Urgence et VIVIA MIEL, une association engagée dans la restauration des forêts et le renforcement des capacités des communautés locales, ont lancé le projet GAPADOU, avec pour but de préserver et restaurer ce patrimoine unique. Pourquoi « GAPADOU » ? Parce que cela signifie « sacré » en Anii.

Le projet vise à planter 150 000 arbres entre 2023 et 2024. Mais pas seulement : ce projet a aussi pour vocation de renforcer la résilience sociale et économique des communautés locales, tout en sensibilisant la jeune génération aux grands défis environnementaux.

Quelles sont vos missions sur le terrain ?

Tous les jours, nous menons diverses activités afin de contribuer à la restauration des forêts sacrées. Par exemple, nous reconstituons des zones en y plantant des arbres et d’autres espèces végétales à l’intérieur des forêts. Pour cela, nous devons identifier les espèces locales et les étudier, afin que l’on puisse les planter dans les zones dégradées, là où il y a eu des coupes d’arbres.

Les espèces locales ne sont pas seulement capitales pour la revitalisation de la forêt, mais sont aussi bénéfiques pour les communautés, puisqu’elles créent des activités génératrices de revenus (AGR) et profitent à la santé des enfants. En effet, le Néré (Parkia biglobosa) est utilisé pour la fabrication de la moutarde, qui est cuisinée et vendue (surtout par les femmes). Cette plante permet ainsi de créer un revenu additionnel pour les personnes vulnérables. Le fruit du Baobab est aussi très utile, puisqu’il est très riche en nutriments et est utilisé comme complément alimentaire pour les jeunes enfants.

Nous soutenons également les communautés locales en leur donnant accès à des formations, afin qu’ils puissent apprendre à utiliser des techniques de reforestation.

Quels sont vos objectifs ?

Nous avons quatre grands objectifs :

  • Tout d’abord, nous avons pour but de mener des activités de restauration à l’intérieur des forêts. Par la suite, nous prévoyons d’étendre ces activités aux propriétés privées, pour que les gens puissent profiter des ressources de leurs terres et ne soient pas contraints à utiliser les ressources des forêts sacrées. Pour ces propriétés privées, nous comptons privilégier des plantes à croissance rapide comme l’eucalyptus ou le Gmelina arborea. L’objectif est de restaurer 290 hectares avec 150 000 plantes (les forêts sacrées représentent 109 hectares).
  • Le deuxième objectif est de renforcer la résilience sociale et économique des communautés locales, en mettant en place des systèmes agroforestiers efficaces. Nous avons retenu l’anacardier (Anacardium occidentale) afin que les agriculteurs puissent vendre les noix de cet arbre. Toujours dans le but de renforcer les capacités de notre communauté, nous allons distribuer 60 ruches à 6 apiculteurs (10 ruches chacun), en les formant sur l’installation, la gestion et l’entretien de ces ruches. Nous allons suivre ces apiculteurs et évaluer si nous pouvons élargir cette initiative.
  • Nous souhaitons aussi améliorer la gouvernance des forêts sacrées, en formant les parties prenantes à la gestion des forêts et d’autres aspects techniques.
  • Enfin, nous visons à sensibiliser la jeune génération et le grand public. Pour ce faire, nous avons ciblé plusieurs écoles où nous partirons à la rencontre des tout-petits, et prévoyons aussi de partager nos messages au plus grand nombre à travers la radio et des événements.

De manière générale, nous avons pour objectif de promouvoir la gestion et la préservation durable des ressources naturelles qui sont vitales pour les communautés locales, tout en développant des alternatives sociales et économiques pour les personnes vulnérables. Nous souhaitons aussi encourager une éducation de qualité, un meilleur accès aux soins de santé pour les mères et les enfants ainsi qu’agir pour la prévention de maladies d’origine hydrique en respectant des règles sanitaires.

Quel est l’impact actuel et prévu du projet sur les forêts et votre communauté ?

Nous pouvons déjà constater une amélioration chez les apiculteurs qui ont reçu des ruches, car leurs revenus ont déjà augmenté. Et ce n’est encore que la phase pilote du projet : nous sommes en train de mettre en place diverses activités. Cela nous conforte dans notre conviction que le projet GAPADOU aura un impact très positif et durable sur les forêts et les personnes. Nous allons continuer à suivre avec attention les résultats !

Comment travaillez-vous avec Planète Urgence ?

Tout d’abord, nous souhaitons remercier l’équipe de Planète Urgence pour ce beau partenariat !

Tout a commencé avec la signature d’une convention de partenariat. Depuis le début, tout était très clair, et tout le monde connaissait les responsabilités et rôles de chacun. Nous avons développé une relation de confiance réciproque. Tous les mois, nous nous rencontrons à travers deux comités, qui réunissent les représentants de VIVIA MIEL et Planète Urgence. Ces réunions nous permettent de faire le point sur le projet, sur sa progression, ses prochaines étapes et ses défis. Le projet fait l’objet d’un suivi rigoureux de la part de la délégation nationale de Planète Urgence, mais aussi du Département des forêts basé à Paris.

Nous souhaitons que ce partenariat se poursuive et grandisse. Grâce au soutien de Planète Urgence, le projet GAPADOU permet à nos communautés de devenir plus résilientes et à nos forêts d’être préservées !

 

Parties prenantes sur le projet :

  • Comités locaux de gestion des forêts sacrées
  • Pépiniéristes locaux des villages bénéficiaires
  • Apiculteurs locaux des villages bénéficiaires
  • Communautés locales autour de la forêt sacrée de Sérou
  • Communautés locales autour de la forêt sacrée d’Igbo-Dogni
  • Ecoliers des écoles bénéficiaires et leurs enseignants
  • Sages
  • Mairies
  • Services des Eaux, Forêts et Chasse

Un grand merci à Emmanuel Traore et Ridwane Bio Oure pour cet entretien, leur engagement et le travail quotidien qu’ils fournissent pour mettre en placer le projet GAPADOU !

 

VIVIA MIEL: Restoring sacred forests in Benin with Planète Urgence

 

Thanks to the amazing team of VIVIA MIEL, a game-changer non-profit organisation in Benin, people and nature can live in harmony again. By running the beautiful GAPADOU project in partnership with Planète Urgence, Groupe SOS’ environmental NGO, VIVIA MIEL makes a positive and lasting impact in the Bassila and Djougou cities, in Benin. We talked to VIVIA MIEL Managing Director, Emmanuel Traore, and GAPADOU Project Manager, Ridwane Bio Oure, about their work on the ground.

What is GAPADOU?

Let’s start with some context. In Benin, over 3,000 forests are sacred and protected areas. Such forests are extraordinary places with a wonderful biodiversity, and are devoted to ceremonial and religious practices for local communities. Traditional knowledge, religious customs, taboos, totems, tales and the legends that passed down through generations have ensured these forests’ preservation from human activity.

But now, demographic pressure is increasing the demand for energy, wood and agricultural lands. As a result, sacred forests are endangered.

To preserve and restore these unique forests, Planète Urgence launched the GAPADOU project with VIVIA MIEL, a non-profit organisation committed to making forests’ restoration and local communities’ resilience a priority in Benin. « GAPADOU » means « sacred » in the Anii language.

The project’s goal is to plant 150,000 trees between 2023 and 2024. But more than that, the project aims to build local communities’ social and economic resilience, while raising awareness on environmental challenges among the youth.

What are some of your missions as an implementing partner?

Every day, we run various actions so we can contribute to sacred forests’ preservation. For example, we restore areas by planting trees and plant species inside the forests. To do so, we need to identify the local species and study them, so we can plant them in degraded areas – where trees have been cut down for energy wood.

Local species are not only essential for the forests’ health, but are also profitable for people as they create revenue generating activities and are beneficial to children’s health. In fact, the African locust bean (Parkia biglobosa) is used – mostly by women – to produce mustard: the mustard is both cooked and sold, making the plant an additional income source for vulnerable people. In addition,, the Baobab fruit is very nutrient-rich and is cooked as a nutritional supplement for children.

We also provide local communities with training so they learn reforestation techniques.

 

Do you have specific goals to achieve?

Yes, of course! We have four main goals.

  • First, we focus on running restoring activities within the forests. Then, we plan to expand our activities to private properties, so people can benefit from their own lands’ resources without degrading the sacred forests. For these private lands, we intend to give priority to fast growing plants, such as eucalyptus trees or beechwood trees (Gmelina arborea). The goal is to restore 290 hectares with 150,000 plants (sacred forests represent about 109 hectares).
  • Our second goal is to build local communities’ social and economic resilience, by implementing efficient agroforestry systems. We have selected the cashew tree (Anacardium occidentale) so the farmers can make profit from selling cashew. To build capacity in our community, we also plan to provide 6 beekeepers with 10 hives each, but also with training on the management of hives. We will keep track on their activities, so we know if we can scale up the process.
  • Another goal we have is to improve sacred forests’ governance, by providing training on the forests’ management and other technical aspects.
  • Finally, we want to raise environmental awareness among the young generation and the general public: to do so, we identified schools where we would go to talk with children, and plan to reach people through the radio and events.

Overall, we aim to promote sustainable preservation and management of natural resources that are essential for local communities, while developing sustainable social and economic solutions for vulnerable people. We also want to encourage quality education, a better access to maternal and child healthcare for all, and prevent the spread of water-related diseases among children by ensuring sanitary protocols.

 

What is the project’s current and expected impact on the forests and local community?

We can already see a change in the beekeepers’ activities who benefited from the hives, as their revenues increased. And it’s only the beginning of the project’s pilot phase: we are implementing various activities. This is why we are very optimistic about GAPADOU and expect the project to have a lasting and very positive impact on both the forests and the communities. We will make sure to keep track of the project’s results!

How do you work with Planète Urgence?

First, we’d like to warmly thank Planète Urgence for this amazing partnership!

It all started when we signed a partnership agreement with them. Everything was very clear from the start: everyone knew their responsibilities and what they were expected to do, and we have developed a mutual trust relationship. Thanks to two committees made of VIVIA MIEL and Planète Urgence’s representatives, we meet with them monthly to keep track on the project’s progression, define next steps and talk about the project’s challenges. The project is monitored by both Planète Urgence’s delegation in Benin and the Forests’ Department of Planète Urgence in Paris.

We think they are a beautiful team and are willing to make this partnership flourish even more in the future. Thanks to their support, the GAPADOU project makes our communities resilient and our forests restored.

 

The project’s stakeholders are :

  • Local management committees for sacred forests;
  • Local tree nurseries in the villages benefiting from the project;
  • Local beekeepers in the villages;
  • Local communities surrounding the Sérou sacred forest;
  • Local communities surrounding the Igbo-Dogni sacred forest;
  • Schoolchildren and their teachers from the schools benefiting from the project.
  • Town councils
  • Water, Forestry and Hunting Departments

 

A big thank you to Emmanuel Traore and Ridwane Bio Oure for sharing with us such an interesting project, and for their precious work in implementing the GAPADOU project!

 

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