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Femmes et métiers techniques : l’inclusivité comme solution face aux tensions du marché du travail
De nombreux secteurs techniques et industriels renvoient une image de métiers masculins et souffrent d’une sous-représentation des femmes. Dans un contexte où le recrutement devient de plus en plus compliqué, l’inclusivité apparaît comme une solution pragmatique. Mais comment attirer les femmes vers les métiers techniques ? Plus qu’une simple nécessité de rétablir la parité, comment faire de ces profils une véritable force pour les entreprises ?
Femmes et métiers techniques : une sous-représentation encore bien réelle
Les chiffres sont plutôt éloquents lorsque l’on étudie la place des femmes dans les métiers techniques : elles représentent moins d’un tiers des effectifs dans l’industrie (28.5 %1), et à peine 1/5e des postes de direction (20 %1). Même constat dans les métiers d’exécution : les ouvriers sont des hommes dans 80 %2 des cas, et les employés sont des femmes, à 75 %2. Un clivage très marqué qui illustre une réalité bien ancrée : certains métiers sont considérés comme des métiers “d’hommes” : des métiers techniques, physiques ou stratégiques.
Si cette répartition inégale n’est pas nouvelle, elle se heurte aujourd’hui à des tensions de recrutement profondes. De nombreux métiers techniques sont en déficit de main d’œuvre et certaines entreprises ont des difficultés à pourvoir des postes essentiels à leur activité. Résultat : une productivité menacée, et des organisations qui pourraient disparaître.
La solution pourrait résider dans la main d’œuvre féminine. Mais l’image parfois dévalorisée de l’industrie, tout comme les stéréotypes de genre, font que ces métiers sont encore aujourd’hui associés à des tâches éprouvantes physiquement, des conditions de travail difficiles et une culture professionnelle peu adaptée aux femmes. Certains progrès sont observés, mais les avancées restent lentes en matière de mixité.
Pour combattre ces idées reçues et décloisonner l’accès aux métiers en tension, le Groupe SOS a lancé en 2021 une campagne de recrutement anti-stéréotypes sur les métiers du sanitaire et social très largement occupés par des femmes. La campagne portait également sur les métiers d’ouvrier·es du paysage, qui comptent seulement 28 % de femmes. Autant de professions indispensables à la société qu’il est indispensable de promouvoir pour déconstruire les idées préconçues et permettre un accès égal aux hommes et aux femmes.
L’inclusivité pour répondre à des besoins économiques et sociaux
Faire de la place aux femmes dans les métiers techniques n’est pas uniquement une question de mixité ou de vitrine pour les entreprises : c’est un véritable levier de performance.
Intégrer davantage de femmes dans des équipes techniques, c’est diversifier les points de vue et les approches, stimuler l’innovation et améliorer les performances globales des entreprises Les études montrent également que la mixité favorise l’adaptation des entreprises aux évolutions, aussi bien technologiques qu’organisationnelles.
L’inclusivité est aussi un levier d’attractivité pour les entreprises. Dans un contexte de tension pour le recrutement, il est nécessaire de montrer aux candidats que les femmes ont leur place dans l’entreprise, et que tout est mis en place pour favoriser la mixité. En plus d’envoyer un message fort aux candidat·es, cette ouverture répond à une demande croissante de la nouvelle génération, qui accorde une grande importance à l’inclusivité et à l’égalité au travail.
Dernier critère : le cadre légal. En effet, les entreprises de plus de 50 salariés doivent publier chaque année leur index d’égalité professionnelle et encourent des sanctions financières en cas de non-conformité. L’outil permet d’identifier les écarts de représentation, mais aussi les différences de rémunération et de promotion.
Comment féminiser les métiers techniques ?
En 2023, le guide national de la féminisation des métiers industriels listait les bonnes pratiques pour améliorer la place des femmes dans les métiers techniques. Accroître la visibilité de ces métiers auprès des jeunes femmes dès le moment de l’orientation, adapter les processus de recrutement pour limiter les biais, développer les compétences pour favoriser les évolutions ou encore favoriser la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle.
Agir dès l’orientation
Les stéréotypes s’incrustent dès la scolarité. Pour les déconstruire, il est nécessaire d’intervenir très tôt via des interventions de professionnelles, des stages, des visites d’entreprise. L’objectif : présenter la réalité de ces métiers souvent loin des clichés imaginés, donner des modèles de réussite féminin aux élèves, et mettre en lumière des métiers souvent inconnus des jeunes filles.
Recruter sans exclure
Les termes utilisés dans les offres d’emploi, les visuels qui illustrent les annonces, les canaux de diffusion écartent automatiquement certain·es candidat·es. Dès lors, il est crucial de privilégier une rédaction plus inclusive, des visuels représentant aussi bien des hommes que des femmes et des canaux plus génériques afin de toucher les candidates autant que les candidats.
Former et accompagner
L’alternance, le mentorat et les stages pratiques sont autant de dispositifs qui permettent d’offrir à ses salarié·es une montée en compétences et des perspectives d’évolution. C’est la clé pour retenir les talents et renforcer la fidélité de ses collaborat·eur·rices.
Faire évoluer les mentalités
Pour que l’inclusion soit durable, il faut aussi changer les pratiques internes. L’inclusion doit être soutenue et encouragée par les directions et les managers, l’égalité salariale doit être une réalité et des aménagements d’horaires doivent être possibles pour concilier vie professionnelle et vie personnelle.