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Témoignage : « Quand tu t’en sors aussi tu le sens », Meidoun ancien addict et sans logement
Meidoun, ancien légionnaire, s’est retrouvé à la fin de son service sans papiers à cause d’un problème administratif dans son pays d’origine, et donc apatride et sans aide. « Les 6 premiers mois après mon départ de la légion, j’avais le droit de travailler. Je dormais à l’Adejo, et la journée je travaillais. Ça me permettait de payer l’hôtel pour mon fils. Mais au bout d’un moment, je n’avais plus le droit de travailler. Toute la journée, je m’asseyais sur un banc, à attendre. Il fallait absolument que je trouve un moyen de vivre avec mon fils, parce que la garde était partagée avec sa mère. » Heureusement, l’équipe de l’Adejo a pu lui mettre à disposition un appartement. « Ici, ils m’ont sorti de la merde, parce que j’étais perdu. Je commençais à boire… alors que tout ça c’est pas mon truc. J’ai honte. L’équipe m’a beaucoup aidé. Aujourd’hui, je peux vivre avec mon fils. Je n’attends plus qu’une chose, c’est d’avoir un vrai travail. Le jour où j’ai mes papiers, je travaille le lendemain. »
À ce moment, Meidoun était tombé dans l’addiction à l’alcool. Il rejoint alors le Csapa Gard-Mas Saint-Gilles, une communauté thérapeutique. Un an après, il raconte le chemin parcouru pour sortir de l’addiction.
« Quand tu es en bas et que t’es tombé, tu le sais, mais quand tu t’en sors aussi, tu le sens. »
« Quand je suis arrivé en France, j’étais étudiant et après je me suis engagé à la Légion étrangère. J’ai fait 10 ans de légion et j’ai commencé vraiment là-bas à boire et là je suis là pour gommer mon addiction.
Quand on se lève, en fait on prend le petit déjeuner, 08h45, on commence les ateliers. Il y a plusieurs ateliers, soit tu es espace vert, potager, après il y a mouton, poulailler et l’entretien du Mas, de l’Intérieur, c’est ménage et la cuisine.
Il n’y a rien qui soit compliqué. Ils ne demandent pas des choses extraordinaires parce qu’il y a des personnes qui arrivent aussi qui n’ont jamais travaillé. Il y a des personnes qui arrivent aussi qui n’ont plus le rythme de se réveiller le matin, de manger à table. Mais tout ça, ici, il y a tout ça qui me plaît. Là, ça fait un an exact que je suis ici, je me sens mieux dans mon corps et ainsi de suite, je me sens aussi mieux dans ma tête.
Avant, quand je suis arrivé ici, j’avais le ventre, maintenant j’ai des abdos tracés par exemple. Parce qu’ils t’aident, ils te poussent aussi, ils m’ont poussé, j’étais coincé, je n’arrivais pas à parler à un psychologue.
Vu mon parcours, vu mon passé, vu ce que j’ai fait, vu ce que j’ai vu, vu ce que j’ai vécu. Le fait qu’ils me forcent à aller parler au psychologue et que je me décharge de certains poids que j’avais, m’a un peu plus libéré.
Il y a des soucis que j’avais, autre que l’alcool, que je ne savais pas, j’étais un peu fermé. Et ici, je me suis ouvert aux personnes. Ça m’a aidé à gérer aussi la frustration. Il y a beaucoup de choses, il n’y a pas que l’addiction, parce que l’addiction ne vient pas toute seule comme ça.
Mes projets… Si j’ai un appartement thérapeutique, je vais me former pendant le temps que j’y serai, pour que je puisse approfondir dans le travail que je faisais, pour ne pas rester au bas de l’échelle. Je suis ambitieux. »
Au Csapa Gard – Mas Saint-Gilles, l’accompagnement de Meidoun ne se limite pas à son addiction : il l’aide à retrouver un rythme, à prendre soin de sa santé, à mettre des mots sur son histoire et à se projeter à nouveau. Après un an, il se sent « mieux dans son corps » et « mieux dans sa tête » et regarde désormais vers l’avenir !
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