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​​Ecole Aurora – La langue française, première étape vers la liberté pour les personnes exilées​ 

29 mai 2026 • ACTUALITÉS

S’intégrer dans la société française après un parcours d’exil est un défi aux multiples facettes. Une étape-clef ? Apprendre la langue et la culture française. Une mission plus que difficile, sans ressources ou professeure pour enseigner. Alors comment faire, quand on arrive déraciné, souvent isolé et sans moyens ? C’est tout l’enjeu de l’Ecole Aurora, une toute nouvelle école de français née récemment en plein cœur de Nîmes. Immersion et témoignages.

Un dispositif co-financé par l’Union européenne

 

Neira est arrivée en 2013 à 26 ans sur le sol français. Son mari, juriste, a fui la Russie avec elle. “Je ne veux pas trop en parler, car cette période était très difficile. On a tout laissé derrière nous : argent, maison… J’étais enceinte, j’ai accouché 3 mois après mon arrivée. C’était compliqué parce que je ne parlais pas du tout la langue. Tu viens ici, tu as une valise, et c’est tout.” Il a fallu attendre 2025 pour que Neira ait enfin ses papiers, après un long parcours de combattante. Dans la foulée, elle a pu signer un CDI. On lui a posé la question : ”Qu’est ce qui a fait la différence, au tout début ?” Sa réponse est immédiate : “J’allais à une école de français gratuite avant, c’était génial ! C’était l’école la Luciole. On n’y apprenait pas seulement le français, c’était vraiment de l’intégration : on a fait des tours dans la région, on a visité les musées, les églises, les bibliothèques… c’était une école formidable. Parce qu’une personne qui arrive comme nous, jamais elle ne peut se payer un cours de français ! Mais j’ai appris que l’école avait fermé en 2025, faute de financement… 

Aurora et l’Adejo

Les locaux de l’école Aurora sont situés dans l’enceinte de l’Adejo. Cet établissement accueille des personnes majeures sans domicile, sans hébergement stable, ou bénéficiant d’un logement mais cumulant problèmes d’isolement et graves difficultés économiques. 

Cela a du sens d’accueillir l’école au sein de l’Adejo puisque ce public en exil, parfois à la rue, transite par nos services. C’est une grande fierté que d’accueillir cette école !

Camille Maridet Juan, Directeur de l’Ecole Aurora et de l’Adejo

 A l’école, les élèves sont réparti·e·s en 6 groupes de niveaux, accueillis par demi-journées, du lundi au vendredi. En tout, ils et elles sont 40, venu.e.s des quatre coins du monde : il y a Guilherme, de Colombie. Natalia, d’Ukraine. Youssef, d’Algérie. Muvladi, de Tchétchénie. Azrat d’Afghanistan, Toïrat, de Russie. Gennady, de Géorgie. Abou-Bakr, de Palestine… Leur point commun : ils sont soit bénéficiaires de la protection internationale, soit ressortissants d’autres pays de l’UE. Chacun a ses propres raisons de fuir son pays. Mais pour Pierre Durand du Repaire et Andrijana Micakovic, les deux professeur·e·s, le sujet n’est pas tant leur passé, que leur avenir, ici en France. 

L’école Aurora ne donne ainsi pas des cours comme les autres. Tout tourne autour de l’intégration. Andrijana explique : “On fait des ateliers socio-culturels aussi pour transmettre la culture française. On organise aussi des sorties pédagogiques. La dernière fois, on était à la médiathèque par exemple, qui est un lieu important pour se plonger dans la musique, les livres, les films français.” Les cours de langue française eux-mêmes sont délivrés de manière très spécifique : “On propose des cours de Français langue seconde, qui doivent permettre de gérer la vie quotidienne. Mais aussi du “Français sur objectif spécifique” : ce sont des cours de français axés sur les situations de communication en lien avec le métier ou le projet professionnel. Donc par exemple, si quelqu’un veut devenir un mécanicien, on va lui apprendre tout le vocabulaire lié à cet univers.” raconte Pierre. Les projets professionnels sont multiples. Abou-Bakr veut travailler dans la restauration. Mawlid lui, veut devenir mécanicien automobile. Iris ? Aide-ménagère. Victor, travailleur social ; Luz Antelis, secrétaire médicale. 

FLE, FLS qu’est-ce que c’est ? 

Le Français Langue étrangère (FLE) est l’enseignement du français aux non-francophones, qu’ils soient en France ou dans leur pays d’origine. Il a pour but d’apprendre la langue pour diverses raisons, telles que le tourisme, le travail, les études, etc. 

Le Français langue seconde, comme enseigné à l’école Aurora, est destiné à des personnes dont la langue maternelle n’est pas le français, mais qui résident dans un pays francophone et ont besoin d’apprendre la langue pour des projets d’intégration, de communication et de scolarisation. Il est donc appris dans le but de devenir une seconde langue maternelle, et est plus approfondi que le FLE, même si les notions sont étroitement liées. 

Certain·e·s avaient fait des études dans leur pays d’origine. Mais bien souvent, ce sont des diplômes qui n’ont pas de reconnaissance en France. Alors chacun s’adapte : Guilherme, par exemple, était ingénieur au Brésil. Ici, il souhaite devenir chef de projet informatique. “Mais beaucoup n’ont aussi pas eu de métiers très qualifiés auparavant, ou ne savent pas vraiment ce qu’ils ont envie de faire.” constate Pierre. Dans un pragmatisme certain, il leur donne alors la liste des métiers en tension de la région, afin qu’ils et elles puissent accéder rapidement à un emploi et à l’autonomie. 

Caroline elle, a un diplôme de psychologue. Elle est brésilienne, mais avait vécu aux Etats-Unis avant d’arriver en France. C’est l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) qui lui a fait connaître l’école Aurora. “J’ai beaucoup progressé depuis mon entrée à l’école. En 3 mois, j’ai maintenant un niveau A2 ! Mais ici, ce n’est pas juste apprendre le français : c’est l’introduction de ma vie en France.  Maintenant, je peux me faire des amis, je peux mieux comprendre la culture et comment les Français vivent. C’est spécialement utile pour le travail aussi, ce qui est très important pour moi. J’étais psychologue avant. Je pourrai travailler dans le social, auprès d’enfants ou de personnes âgées, pour les aider. Pour l’instant j’apprends comment les choses fonctionnent, mais je suis ouverte pour contribuer à la communauté ! ” Pour ça, Caroline n’a d’ailleurs pas attendu de trouver un travail. Elle s’est déjà engagée comme bénévole dans une association sur Nîmes. “C’est à la fois une manière de me sentir utile, de m’occuper et de parler le français dans la vie de tous les jours. 

Pour un accueil digne des personnes en situation d’exil 

L’association Groupe SOS Solidarités est un acteur majeur du secteur social et médico-social en France. Sa mission : fournir des réponses concrètes aux enjeux de solidarités, pour faire en sorte que personne ne soit au bout de son histoire. 

Depuis la « crise migratoire » de 2015, le Groupe SOS Solidarités s’investit dans l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement des personnes en situation d’exil, avec la ferme conviction qu’elles sont une chance et une richesse pour notre société, notre culture, notre histoire. 

Le Groupe SOS a formulé 14 propositions pour un accueil digne et une inclusion durable des personnes en exil en France. Ce plaidoyer est né des observations quotidiennes de nos professionnel.le.s de terrain. 

Découvrir les propositions pour un accueil digne 

Le Groupe SOS, profondément européen 

L’école Aurora n’aurait pu voir le jour sans le soutien de l’Union Européenne dans le cadre du programme FAMI (Fonds Asile, Migration et Intégration). Le Groupe SOS agit au quotidien, aux côtés de ses partenaires européens, pour faire avancer une Union européenne fondée sur la solidarité, la justice sociale et le respect des limites planétaires. À travers plus de cent projets menés dans 19 pays, le Groupe SOS constate que l’UE est une formidable opportunité pour agir concrètement, sur le terrain. 

Découvrir nos propositions pour une UE plus juste et durable 

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